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Love and Monsters de Michael Matthews

Pour notre rendez-vous d’aujourd’hui, un avertissement s’impose… Entomophobes, passez votre chemin : Love and Monsters n’est pas pour vous. Figurez-vous que ce récit post-apocalyptique conte la folle semaine de Joel, un jeune homme pas très courageux (Dylan O’Brien, connu notamment pour la trilogie young adult – je vais écrire YA, comme tout le monde, pour faire moderne – Le Labyrinthe) qui va quitter la relative sécurité de sa colonie souterraine pour aller retrouver son premier amour… Mais voilà : pour en arriver là, il lui faut traverser un pays où la nature a repris ses droits, et surtout moult insectes mutants ! Comment notre apprenti héros va-t-il bien pouvoir accomplir sa mission ?

Love and Monsters, deuxième réalisation de Michael Matthews après l’inédit Five Fingers for Marseilles (qui se déroulait en Afrique du Sud, pas sur la Canebière) est un film d’aventures qui emploie certains préceptes de la littérature et du cinéma YA – un jeune héros à l’allure encore adolescente, un monde futuriste dont les codes sont bouleversés – sans tomber dans les chausse-trappes du genre (la catastrophe a une raison simple, et ne cache pas un lourd secret – les romans SF YA sont-ils des générateurs de théories complotistes ? –, pas de sempiternel triangle amoureux). Mieux, le périple de Joel est, dès le départ, teinté d’humour : attachant mais maladroit, traumatisé par son passé et bien incapable de se défendre seul, il est le seul à croire qu’il parviendra à atteindre son objectif… et que son amour de jeunesse l’attend sagement depuis 7 ans, depuis leur séparation soudaine due à la catastrophe. La naïveté de Joel fait partie des petites touches qui enrichissent Love and Monsters : c’est un héros pur, candide, dont l’ignorance des codes de survie en milieu hostile en font un parfait relais pour le spectateur, pas forcément habitué à devoir échapper à des scolopendres géants. Que l’on ait foi en sa quête romantique ou qu’à l’opposé on la juge vaine n’a que peu d’importance, “l’important c’est le voyage” : la quête initiatique liée à ce périple soit-disant impossible, et comment Joel va se révéler à lui-même. La conclusion, précipitée, aurait gagné à prendre un peu plus son temps, mais l’ensemble est une excellente petite surprise et, avec son goût pour l’évasion, fait figure de film anti-confinement idéal.

Love and Monsters de Michael Matthews (1h49 – Canada, 2020)
Disponible dès le mercredi 14 avril 2021 sur Netflix