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Ce qu’il faut retenir de la 46ème édition des César

Newsletter du 17 mars 2021

 

 

Chers lecteurs,

 

Ce titre est mensonger. Je n’ai jamais trop su quoi penser des César.
 
J’ignore si l’on s’est plus ou moins ennuyé que l’année d’avant… j’ignore si le discours d’un tel a constitué “un instant d’une rare émotion”, “un geste politique très fort” ou plutôt “un moment de gêne”… Quant à l’humour… je ris peu et en décalé : si quelqu’un fait une plaisanterie, je risque de pouffer plus tard dans la soirée, sur un plan de l’orchestre jouant un interlude ou sur l’image d’un fauteuil vide.
 
L’année dernière, il s’était passé quelque chose (“on se lève, et on se casse”) et, même moi qui en général ne comprends rien, j’avais compris. Mais, des César 2021, en dépit du contexte (le premier confinement, c’était il y a un an jour pour jour ; les salles de cinéma sont fermées depuis le 30 octobre… vous connaissez l’histoire), et des différentes prises de parole, happenings, etc. ayant émaillé la soirée, je ne saurais rien dire qui me semble opportun.

Autour de moi, les gens ont un avis tranché. À les entendre il semble clair que, cette fois-ci, c’était “ennuyeux à mourir” (mais certains disent ça tous les ans) ou “nettement mieux que d’habitude” (mais certains disent ça tous les ans). Et moi, je ne sais toujours pas quoi en penser.
 
Quelquefois je crois le savoir, et puis ensuite je crois savoir tout autre chose. Ce n’est pas que j’ai changé d’avis : c’est qu’un homme est parti se coucher avec une certaine idée en tête et que, le lendemain, un autre s’est levé avec une autre idée. Et, quand je sais quoi en penser, j’ai peur de le dire et de perdre des amis. Ou de m’en faire (n’en jetez plus, j’ai mon content).

Les César n’y sont sans doute pour rien – c’est ma faute.
  
Voici donc, à défaut d’un débriefing en bonne et due forme, quelques faits objectifs :
 
La cérémonie des César, présentée par Marina Foïs, se déroulait à l’Olympia, une salle de spectacle parisienne inaugurée le 11 avril 1893.
 
Sami Bouajila a reçu le César du meilleur acteur, Laure Calamy celui de la meilleure actrice, Agnès Patron celui du meilleur court métrage d’animation (pour L’Heure de l’ours).
  
La troupe du Splendid s’est vu remettre un César d’Anniversaire. “Ça m’a rappelé des souvenirs”, a dit Michel Blanc. “C’était ça, aussi, la France”, a dit Christian Clavier.
 
Invaincu à Anfield entre le 23 avril 2017 (défaite 1-2 contre Crystal Palace) et le 21 janvier 2021 (Burnley, 1-2), Liverpool a, depuis, perdu six matchs consécutifs à domicile, une première depuis la saison 1953-54. Certes, ça n’a rien à voir, mais je crois que je tiens mon rythme : des faits, des faits.
  
La rue de Vaugirard est la voie la plus longue de Paris intra-muros ; elle s’étend sur 4 360 mètres, depuis le boulevard Saint-Michel jusqu’à la jonction des boulevards Victor et Lefebvre.

Laval est le chef-lieu du département de la Mayenne. 
  
Allez, allez.
 
La prochaine éclipse totale observable depuis la France se produira le 3 septembre 2081. J’aurai 100 ans, et les César célèbreront leur 106ème édition. Qui sait ce que sera alors le cinéma ? Mais je m’égare… Les faits, les faits, rien que les faits. Des choses dont je puisse être sûr.
 
Robert Walser a écrit Les Enfants Tanner.
 
Tous les cinémas sont fermés.
 
On peut se voir dans l’écran éteint des télés.
 

 
Portez-vous bien, chers lecteurs,

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Thomas Fouet

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Photo : Mulholland Drive (David Lynch) 

 

Newsletter du 17 mars 2021
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