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Palm Springs de Max Barbakow

Bon lundi ! Avant de vous retrouver mercredi dans l’Ouest américain, je vais vous entraîner… encore plus à l’Ouest : en Californie, et plus précisément à Palm Springs, station intégrée qui a fait de son désert une attraction touristique. De touristes, il va être vaguement question dans Palm Springs de Max Barbakow : ceux réunis dans la ville à l’occasion du mariage de Tala et Abe. Parmi ces convives, il y Nyles (Andy Samberg). Et Nyles est maudit : il revit cette journée de mariage ad vitam æternam.

Bon lundi ! Avant de… Bon, vous avez compris avec cette pire transition ever, Andy Samberg est un peu dans la position du Bill Murray d’Un jour sans fin d’Harold Ramis. Sauf que dans Palm Springs, on découvre son personnage déjà bien rôdé aux contraintes de la boucle temporelle qui le retient prisonnier. Nyles est devenu le maître de cette journée, capable de faire du mariage une réussite enchanteresse, ou un désastre accablant. C’est par le biais d’un autre personnage, Sarah (Cristin Milioti), qui se retrouve prise au piège avec Nyles, que l’on découvre l’ampleur de la boucle et ses contraintes (pour les avantages, il faudra repasser). Et que les enjeux du film sont bouleversés : Nyles, qui s’était adapté pour survivre à ce purgatoire improvisé, se retrouve avec quelqu’un qui partage les mêmes déboires, avec qui il peut partager durablement. Bref, Nyles et Sarah sont “condamnés” à vivre ensemble. Et si, malgré leur supplice, ils devenaient un couple ?

Bon lundi (promis, c’était la dernière fois) ! Palm Springs se sert de sa boucle temporelle pour revisiter la comédie romantique, mais son troisième acte – celui au cours duquel le ou la protagoniste trouve sa rédemption – se révèle plus philosophique qu’attendu : il ne s’agit pas seulement de se faire pardonner des erreurs passées, mais de se les pardonner. À partir du moment où il “rencontre” vraiment Sarah, Nyles est mis face à son comportement passé avec elle : il a eu l’occasion de la voir, lui parler, la séduire des dizaines, des centaines de fois. Dès lors, leur relation a-t-elle une chance de démarrer sur des bases saines et sincères ? Sarah, elle, a aussi ses fardeaux, que la boucle la force à regarder en face… Le scénario d’Andy Siara (son premier pour un long métrage !), férocement drôle, est de savoir émouvoir, sans s’interdire des fulgurances de fantaisie – vous n’êtes pas prêts pour J.K. Simmons -, et de donner à ses interprètes des rôles complexes. Car Samberg a trop souvent été cantonné au rôle de pur bouffon ; quant à Milioti, elle reste très sous-employée par le cinéma. Palm Springs, en plus d’être un digne héritier d’Un jour sans fin, marque un tournant pour ses deux comédiens. On ne va pas s’en plaindre !

Palm Springs de Max Barbakow (1h30 – États-Unis – Hong Kong, 2020)
Disponible dès le vendredi 12 février 2021 sur Amazon Prime Video