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The Dig de Simon Stone

Il faut savoir se méfier des apparences. Malgré sa belle affiche poétique et ses deux acteurs qui se tournent le dos tels deux amoureux contrits, The Dig n’est pas un drame romantique. Je vous mens un peu avec cette affirmation, mais nous y reviendrons plus tard. Cette adaptation d’un roman de John Preston – relatant les fouilles sur le site archéologiques de Sutton Hoo (dans le Suffolk) à la fin des années 1930 – par Moira Buffini (scénariste de Tamara Drewe pour Stephen Frears ou Jane Eyre pour Cary Fukunaga) s’attache à mettre en avant le rôle des outsiders dans ce qui constitue l’une des plus grandes découvertes archéologiques d’Angleterre. Devant la caméra de Simon Stone (acteur australien passé à la réalisation avec Le Secret des Finch, sorti en DVD en début de mois), Carey Mulligan – dans le rôle d’une quinquagénaire – et Ralph Fiennes incarnent Edith Pretty et Basil Brown : la propriétaire terrienne et l’archéologue amateur, guidés par l’intime conviction que le sol de la propriété recèle des secret que les autorités compétentes ont négligé. Nous sommes en 1939, et le pays commence à avoir la tête ailleurs : son entrée en guerre se précise…

Dans sa première moitié, le film illustre la confiance qui se met (lentement) en place entre Edith et Basil : lui, autodidacte sûr de sa valeur et de sa mission sur le domaine ; elle, veuve solitaire fragilisée par sa santé. Tous deux veulent laisser une trace mais sont tenus à la marge par l’establishment britannique. Les fouilles de Sutton Hoo sont l’occasion pour elle de redonner un sens à une vie qui lui échappe peu à peu, pour lui de prouver sa qualité. Traité avec subtilité, le respect mutuel qui va les unir transcendera leurs différences de classe, mais pas leur bienséance toute british – dans une forme, élégante et classique, que n’aurait pas renié le Fellowes de Downton Abbey. Mais dans sa seconde partie, le film commence à s’encombrer d’un grand nombre de rôles secondaires (un conservateur de musée misogyne, un couple d’archéologues mal assorti…) et The Dig finit par délaisser son couple initial, jusqu’à s’égarer dans une romance anecdotique entre Lily James et Johnny Flynn. Le jeune couple éperdument amoureux occulte l’autre, plus âgé et plus platonique. Comme si la fougue du premier, conjuguée à l’entrée imminente de l’Angleterre en guerre, condamnait le second à rester une relique du passé…

Rendez-vous la semaine prochaine pour un double programme : un thriller aérien et un huis clos en Noir & Blanc très attendu…

The Dig de Simon Stone (1h52 – Royaume-Uni, 2020)
Disponible dès le vendredi 29 janvier 2021 sur Netflix