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Soul de Pete Docter

C’est bientôt Noël, vous êtes pressés ? Je ne vais donc pas y aller par quatre chemins : Soul, le nouveau film de Pete Docter – le réalisateur de Monstres & Cie, Là-haut et Vice-versa, soit 3 des 5 chefs-d’œuvre absolus issus du studio Pixar -, est l’un des titres incontournable de 2020. Figurez-vous qu’il dispose de la meilleure BO (signée Trent Reznor et Atticus Ross, deux noms synonymes de qualité ; Jonathan Baptiste se charge des morceaux de jazz du film), d’une histoire étonnante dont je ne dévoilerai rien, et d’une de ces montées d’émotion dont Pixar a le secret.

Sur l’intrigue, je resterai donc muet. Tenons-nous en à la bande-annonce : comme dans Vice-versa, Docter entreprend d’introduire les enfants à des notions complexes (l’âme, l’au-delà) par la fantaisie. La pré-adolescente anxieuse cède la place à un charmant quadragénaire – le premier Afro-Américain à être le rôle principal chez Pixar -, musicien rêveur qui attend encore son “big break”. Docter et son coscénariste et coréalisateur Kemp Powers (également à l’écriture du très attendu premier film de Regina King, One Night in Miami) vont lui en faire voir de toutes les couleurs. Mais pas simplement pour les besoins de la comédie : c’est à tout un cheminement introspectif qu’ils nous convient, dans une grande leçon de vie dont Docter, et plus largement Pixar, ont miraculeusement trouvé la recette. Les personnages, nombreux, sont attachants, et on s’amuse beaucoup des quiproquos que les deux protagonistes vont parfois déclencher. Mais ce sont des éléments qui coulent presque automatiquement de source dans une production Pixar. Qu’est-ce qui distingue Soul du joli mais assez convenu En avant, sorti en mars dernier ? Son lyrisme. Sa poésie. Son amour du jazz. Sa manière de rappeler une nouvelle fois que l’animation n’est pas un genre mineur, mais du cinéma dans toute sa noblesse. Sa façon de s’aventurer et de questionner des domaines qui seraient d’ordinaire considérés comme pas assez appropriés pour un public familial (comprendre : il ne faut pas s’embêter avec ça, les enfants passeront à côté). Pete Docter n’a rien perdu de son ambition. Vice-versa était un ultime couronnement ? Soul, son film jumeau, vient prolonger le grand chelem de Docter. Voilà, Pixar en est maintenant à 6 chefs-d’œuvre…

À noter que le doublage du film, vu en français, ne démérite pas : Omar Sy est exemplaire, mais c’est Camille Cottin (“J’ai choisi cette voix parce c’est celle qui énerve le plus”) qui emporte largement le morceau.

Demain, pour la dernière chronique de l’année, je vais fêter la fin du monde avec George Clooney !

Soul de Pete Docter (1h40 – États-Unis, 2020)
Disponible dès le vendredi 25 décembre 2020 sur Disney+