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Joy Inside My Tears

Newsletter du 4 novembre

 

Chers lecteurs,

 

Aujourd’hui, vous auriez dû recevoir notre mensuel de novembre et le tout premier hebdo que nous en aurions tiré ; ils étaient prêts, ou peu s’en faut. Nous étions allés voir les films et nous avions écrit dessus, le petit train-train quotidien qui néanmoins pour nous n’est jamais anodin, et nous mettions la dernière main aux maquettes et aux fiches techniques. Çà et là quelques derniers textes à relire, ici un mot manquant et là une virgule surnuméraire, on corrige, on se fait à distance un high five et après : roule ma poule. Le sort – le terme est générique, libre à vous de lui substituer le mot de votre préférence, les embêtements, le bourbier, la galère, la hess – en a décidé autrement.
 
Une fois encore le cinéma s’est arrêté, et avec lui évidemment des pans entiers de l’activité du pays (nous ne l’oublions pas : nous ne sommes pas seuls dans cette affaire, et par ailleurs nous pensons à celles et ceux qui sont contraints de continuer à travailler dans les conditions que l’on sait, dans les hôpitaux, les écoles, les commerces dits de première nécessité…). Pas tout à fait comme en mars, me direz-vous : les salles ont fermé, mais les tournages se poursuivent. Ça n’en reste pas moins un satané pétrin – le terme est générique, libre à vous, etc. 

Pour le côté collector de cette newsletter, et dire un peu la soudaineté de la chose (pour être honnête, il y a une grosse semaine encore nous nous attendions autant à un reconfinement national qu’à une victoire de Marseille dans un match de Ligue des champions), voici la couv’ de notre mensuel de novembre :

 

 

Rebelote, donc… Et, comme en mars, nous avons la ferme intention de ne pas chômer pour autant. En attendant que les films reviennent en salle – car ça n’en reste pas moins leur destination première, n’est-ce pas, Disney ? –, nous irons donc les trouver là où ils sont ; d’ailleurs notre rubrique hors salle est d’ores et déjà bien fournie. Nous vous préparons aussi quelques surprises, sur notre site notamment. Nous vous en dirons plus bientôt.

Par ailleurs nous bûchons d’ores et déjà sur le prochain Annuel du cinéma (il devrait selon toute vraisemblance arriver en tout début d’année, nous avons même procédé à quelques essais de couv’, c’est déjà très excitant mais pour l’heure c’est un secret), ainsi que sur la mise en ligne de notre base, le produit d’un travail colossal pour ne rien vous cacher : “nous allons, dès janvier – pour reprendre les mots de notre Président François Barge-Prieur, que j’ai contacté pour l’occasion –, permettre à nos abonnés, non seulement de suivre l’actualité, mais aussi de naviguer dans l’ensemble de nos archives depuis notre création : soit pas loin de 35 000 fiches sur l’intégralité des films de long métrage sortis en France depuis 1934. Avec un outil de recherche à la fois précis et ergonomique, le lecteur pourra ainsi se plonger dans la plus grande base de données sur le cinéma en France, retraçant plus de 85 ans de cinéphilie exigeante et passionnée”.

Si vous voulez mon avis, c’est quand même pas la moitié d’une petite promesse.

Et puis, ce n’est pas tout… Par un curieux hasard du calendrier, nous avons reçu vendredi, jour 1 de ce “reconfinement”, les premiers exemplaires de l’ouvrage sur lequel nous travaillions depuis plusieurs mois : Chroniques du cinéma confiné.

Du 17 mars au 22 juin 2020, est-il écrit au dos, du début du confinement à la réouverture des salles, chaque jour un professionnel du cinéma nous a donné de ses nouvelles. Les Chroniques du cinéma confiné sont le recueil de ces instantanés.

Ce que nous n’avions pas prévu, c’est qu’il serait aujourd’hui d’une actualité si troublante. À vrai dire, nous espérions plutôt le contraire – qu’il serait, outre le tableau collectif de ce que sont les réalités, les joies, les difficultés, des professions du cinéma, le livre-témoin d’un moment que nous aurions mis derrière nous. Or, comme vous le savez à présent, le sort, les embêtements, la galère, le bourbier et la hess… tous à la fois de toute évidence, en ont décidé autrement.

Regardez un peu comme il est beau :

 

 

Oh la la ma parole mais comment il est trop beau, ce livre. Et encore, là, vous n’avez pas vu l’intérieur : 266 pages de bonheur. Il a tellement la classe, à la fête du lycée il aurait fini roi ou reine de la promo, c’est certain. Comment vous dire ? Ce bouquin, il est tellement chouette, Ariana Grande et Rosalía voulaient faire un feat dessus. 
  
On l’a tout de suite vu. Dès que le camion de livraison a tourné dans la rue : ça brillait de partout. La beauté traversait. Le camion s’est garé et les portes s’en sont entrouvertes, et d’un coup tout s’est illuminé, et les gens dans la rue ont été éblouis. Même les cartons, empilés les uns sur les autres et qui roulaient vers nos bureaux, ils étaient touchés par la grâce : le transpalette, de loin on aurait presque dit l’Aston Martin de Sean Connery dans Goldfinger (alors que non, c’était vraiment un transpalette.)
Ensuite on a ouvert les cartons et sorti une poignée d’exemplaires, derrière l’odeur du neuf on sentait des effluves de sensibilité, ça embaumait la rue. Pour vous dire : à un moment donné y a un mec qui passait dans le coin, il a vu les bouquins, il nous a proposé une valise de billets pour les remonter chez un cousin en go fast.

Le bouquin, tellement il est beau – je vous mens pas –, en le voyant, les autres livres sur l’étagère ils se sont mis à chialer.

Je ne sais pas ce qu’il vous faut de plus, mais je peux continuer encore longtemps comme ça. Vous aurez compris que je l’aime, ce livre-là, et que j’ai d’autant moins de mal à le vanter qu’il est, pour l’essentiel, constitué de la parole des autres. Il s’y déploie une intelligence collective, il en émane une sensibilité commune, dont, pour savoir qu’elles étaient là, il n’était pas si évident qu’elles composeraient un tel ensemble, à ce point riche et cohérent tout à la fois. Et, il faut bien l’avouer – cela, une fois encore, nous ne pouvions pas l’imaginer –, une lecture de (re)confinement d’une parfaite actualité.

Je vous en parle sans doute mal, d’ailleurs c’est à vous de vous faire votre propre idée à présent ; Chroniques du cinéma confiné est disponible à cette adresse, et au tarif de lancement de 15 euros (au lieu de 19 euros).

Que pourrais-je ajouter à présent, chers lecteurs ? Surtout, que pourrais-je vous souhaiter en ces temps angoissants, revêches, déconcertants (ajoutez ici l’adjectif de votre choix) ? La santé, bien évidemment ; de la prudence, de la patience ; de petites stratégies quotidiennes pour traverser au mieux ce moment… Et, pour les jours où le moral serait moins bon, des chansons de Stevie Wonder

Merci pour votre fidélité, chers lecteurs, et surtout portez-vous bien – vous, ainsi que vos proches,

 

Thomas Fouet

 

 

Newsletter du 4 novembre 2020
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