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Relic de Natalie Erika James

La matriarche atteinte de démence sénile, sa fille et sa petite-fille pensent à la placer en maison de retraite, alors qu’une présence hante la maison. D’une grande maîtrise formelle sans sacrifier les émotions, ce premier film marque l’émergence d’une auteure à suivre.

Avec : Emily Mortimer (Kay), Robyn Nevin (Edna), Bella Heathcote (Sam), Jeremy Stanford (Alex), Chris Bunton (Jamie), Christina O’Neill (Grace), Catherine Glavicic (le docteur Stanley), Steve Rodgers (l’agent Mike Adler), John Browning (l’homme à l’hospice), Robin Northover (l’homme âgé).

Edna, la mère de Kay, a disparu. Veuve, elle vivait seule dans la grande maison familiale. Kay se rend sur place, accompagnée de sa fille, Sam. Le soir, Sam reçoit la visite de Jamie, un voisin trisomique de son âge. Kay souffre de cauchemars. Le lendemain matin, Edna est rentrée. Kay l’emmène consulter un médecin, qui la juge en bonne condition, malgré une contusion au torse. Kay annonce à Sam qu’elle veut placer Edna en maison de retraite. Elle provoque la colère de sa fille, au chômage et qui envisageait de devenir son aide à domicile.

SUITE…

La nuit, Kay est réveillée par Edna, qui fait une crise de somnambulisme. Elle la recouche mais Edna est persuadée que quelque chose se cache dans sa chambre. Le lendemain, Edna accuse Sam de lui avoir volé une bague – qu’elle lui avait offerte plus tôt… Jamie explique à Sam que la dernière fois qu’il a vu Edna, elle l’avait oublié et enfermé alors qu’ils jouaient à cache-cache. Le comportement d’Edna se détériore. En explorant la maison, Sam trouve un passage secret. Mais elle se perd et panique. Kay fait couler un bain à Edna : l’eau déborde et provoque un court-circuit qui coupe le courant. Edna, dont la contusion s’est transformée en pourriture, se mutile le visage, puis pourchasse Kay. Celle-ci retrouve Sam, et elles fuient ensemble. Lorsque Edna attrape Sam, Kay la frappe à mort. Kay reste auprès du cadavre qu’est devenu sa mère dans ses derniers instants. Sam la rejoint, et remarque une contusion dans le dos de sa mère.

Commentaire

On arrive face à un film comme Relic avec son lot de convictions et d’idées préconçues. Si c’est un récit de maison hantée, comment va-t-il réussir à se distinguer du tout-venant ? Si un monstre ou un fantôme est au centre de l’intrigue, va-t-il être défini avant tout par sa cruauté (tendance Craven), ou sa mélancolie (tendance del Toro) ? Autant de questions pour étiqueter le film et le faire rentrer dans une case. La jeune Natalie Erika James fait le pari – risqué – de piocher où bon lui semble pour élaborer son premier long métrage. Avec un point de départ profondément réaliste, que chacun appréhendera de façon très personnelle : le vieillissement d’Edna, veuve vivant isolée dans sa grande demeure, dévorée par la démence sénile. L’arrivée de sa fille Kay et de la propre fille de celle-ci, Sam, réunit trois générations sous le même toit, trois personnalités à diverses étapes de leur vie, trois différentes perceptions de leur environnement. La maison d’Edna est devenu un mausolée glaçant pour sa fille, un labyrinthe étrange pour sa petite-fille, et une configuration idéale pour une menace tapie dans l’ombre… si elle existe bien. La tension au cœur du film se nourrit avant toute chose des craintes intimes de ses personnages – qu’il s’agisse de Kay, Sam ou Edna – face au passage du temps. L’épouvante se fait ordinaire et insidieusement perceptible, presque sans “jump scares” jusqu’à un dernier acte plus conventionnel mais malgré tout haletant. Surtout, il conduit à une conclusion émouvante et pas si inattendue : la cinéaste, depuis le début, nous y guidait calmement… Dans la lignée de Mister Babadook et de Hérédité (dont il partage d’ailleurs un certain nombre de points communs), Relic marque l’affirmation d’une nouvelle et prometteuse signature.

Scénario : Natalie Erika James et Christian White Images : Charlie Sarroff Montage : Denise Haratzis et Sean Lahiff Scripte : Paul Kiely et Nicole Binnall Musique : Brian Reitzell Son : Robert Mackenzie Décors : Steven Jones-Evans Costumes : Louise McCarthy Effets visuels : Murray Curtis et Gene Hammond-Lewis Dir. artistique : Loretta Cosgrove et Marianne Evans Maquillage : Angela Conte Casting : Avy Kaufman et Allison Meadows Production : Nine Stories Productions, AGBO et Carver Films Pour : Screen Australia et Film Victoria Producteurs : Jake Gyllenhaal, Riva Marker, Anna McLeish et Sarah Shaw Producteurs délégués : Mike Larocca, Todd Makurath, Joe & Anthony Russo et Angela Russo-Otstot Producteur associé : Andrew Stamm Distributeur : Star Invest Films.

89 minutes. Australie – États-Unis, 2020 Sortie France : 7 octobre 2020