Rechercher du contenu

Adieu les cons de Albert Dupontel

Suze, malade, se sait condamnée. Avant de mourir, elle veut retrouver l’enfant dont, adolescente, elle accoucha sous X. Son destin croise celui de Jean-Baptiste, informaticien suicidaire. Jolie comédie grinçante, le film ne convainc cependant pas totalement.

Avec : Virginie Efira (Suze), Albert Dupontel (JB), Nicolas Marié (Monsieur Blin), Jackie Berroyer (le docteur Lint), Philippe Uchan (Monsieur Kurtzman), Bastien Ughetto (Adrien), Marilou Aussilloux (Clara), Catherine Davenier (Madame Lint), Michel Vuillermoz (le psychiatre), Laurent Stocker (Monsieur Tuttle), Kyan Khojandi (le médecin du docteur Lint), Grégoire Ludig et David Marsais (les préposés), Bouli Lanners (le médecin de Suze).

Suze, malade et condamnée, veut retrouver l’enfant dont elle accoucha sous X à l’âge de 15 ans. Jean-Baptiste, informaticien, est placardisé. Suze se rend à l’administration pour retrouver son dossier. Impossible, lui dit-on. Dans le bureau d’à côté, Jean-Baptiste veut se suicider avec un fusil mais le coup part à travers le mur et blesse l’interlocuteur de Suze. Le plafond tombe, assommant Jean-Baptiste. Tout le monde fuit mais Suze voit la vidéo filmée par l’ordinateur de Jean-Baptiste prouvant qu’il s’agit d’un accident. Elle prend l’ordinateur et emmène Jean-Baptiste. Elle témoignera en sa faveur s’il l’aide à retrouver son enfant. Traqué par la police, il accepte.

SUITE…

Avec l’aide de Serge, archiviste aveugle, ils trouvent le dossier de Suze. La police arrive et arrête Jean-Baptiste. Serge et Suze vont à l’adresse indiquée par le dossier, mais son fils ne vit pas là. La voiture de police a un accident. Jean- Baptiste s’échappe. Grâce à ses talents d’informaticien, ils situent l’adresse d’Adrien, le fils de Suze. Dans sa poubelle ils trouvent un poème d’amour jamais envoyé à une certaine Clara. Ils le suivent jusqu’à son travail. Grâce à son ordinateur, Jean-Baptiste isole Adrien et Clara dans un ascenseur. Via l’ordinateur, Suze dit à son fils de ne pas avoir peur de dire je t’aime. La police arrive. Serge s’en prend aux policiers. Un pistolet tombe. Suze le ramasse. Jean-Baptiste la rejoint. Ils s’embrassent et Suze lève son arme. La police tire.

Commentaire

Après le remarquable Au revoir là-haut, très ambitieux (et très réussi) et plutôt atypique dans sa filmographie, Dupontel revient à la comédie burlesquo-grinçante, genre auquel il nous a habitués depuis son tout premier film. On sent tout de même assez rapidement une nette différence d’avec Le Créateur ou encore 9 mois ferme ; formellement, c’est très au-dessus. Dupontel réalisateur maîtrise ici bien mieux sa caméra que dans la plupart de ses comédies. Sa mise en scène est plus que jamais nette et précise. Côté écriture, on retrouve ce qui déjà rendait bancals – ou charmants, selon le point de vue – ses précédents scénarios. Le problème n’est pas d’accepter l’accumulation de péripéties plus invraisemblables les unes que les autres ; c’est le parti pris coutumier du cinéaste et la marque de fabrique de nombre d’excellentes comédies. La difficulté est de s’intéresser à des personnages auxquels l’action ne nous laisse pas le temps de nous attacher. Le film fuse, les gags et les heurts se concassent, et on en oublie d’être ému par cet informaticien paumé et cette femme malade à la recherche de son enfant. Sans compter que la dernière partie du film, qui vire au mélo un peu mièvre, vient affadir le ton plutôt corsé du reste du long métrage. On peut également regretter que la promesse du titre ne soit pas vraiment tenue. Qui sont les “cons” que les personnages veulent fuir ? Quelle est la nature de cette “connerie” ? On n’en saura quasiment rien. Seule la fin renoue avec le côté “no future” de l’horizon d’attente contenu dans ce titre. Demeurent une belle mise en scène, de très bons acteurs et cette originalité typique de l’auteur de Bernie.

Scénario : Albert Dupontel Images : Alexis Kavyrchine Montage : Christophe Pinel 1 er assistant réal. : James Canal Scripte : Christelle Meaux Musique : Christophe Julien Son : Jean Minondo, Gurwal Coïc-Gallas et Cyril Holtz Décors : Carlos Conti Costumes : Mimi Lempicka Effets spéciaux : Cédric Fayolle Casting : David Bertrand Production : Stadenn Prod Coproduction : Manchester Films, Gaumont et France 2 Cinéma Productrice : Catherine Bozorgan Distributeur : Gaumont.

87 minutes. France, 2020 Sortie France : 21 octobre 2020