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Son et lumière

Newsletter du 2 septembre

Chers lecteurs,

La nuit dernière, j’ai fait un rêve : ça se déroulait dans le futur, en aval d’un désastre dont précisément j’ignorais la nature – les plombs avaient sauté, je crois, mais je n’en sais pas beaucoup plus –, sur une planète, la nôtre – mais l’était-ce encore réellement ? – que s’obstinaient, inconséquents, à harceler quelques humains.
On avait coupé les téléphones, débranché Internet et fermé les salles de cinéma, et Michel Drucker même dans le petit écran avait cessé d’émettre : il n’y avait plus d’images en mouvement. Une ceinture de satellites SpaceX, obsolètes désormais, parasitait la carte du ciel : c’était notre dernier spectacle de lumière.

Mais nous autres vétérans des Fiches, critiques reconvertis par la force des choses dans la pêche à la ligne, ou dans la construction de cabanes (comment avions-nous fait pour survivre sans carte de presse ? Je vois là un mystère), continuions, le soir venu, de mémoire ou un exemplaire de L’Annuel du cinéma à la main, à raconter au coin du feu des films à nos petits-enfants (on les y voyait toujours mieux qu’à la télé). Ils nous écoutaient, circonspects pour la plupart : les films étaient pour eux une légende du monde d’avant, et les salles de cinéma des églises déconsacrées.

Je me suis réveillé – j’étais de retour en 2020 ; à la radio on annonçait qu’au terme d’une semaine d’exploitation, Tenet flirtait avec le million d’entrées – d’assez loin le meilleur démarrage de l’année –, et le nouveau Pablo Larraín était en salle, et notre mensuel de septembre, fraîchement paru, débordait de films à venir.

Quels rêves idiots on fait parfois, me suis-je dit en avalant une dernière gorgée de café et avant d’aller voir Effacer l’historique à la première séance du matin.

Thomas Fouet

 
Photo : Ema (Pablo Larrain) Copyright 2020 Koch Films

Newsletter du 2 septembre 2020
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