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Le Seul et unique Ivan de Thea Sharrock

J’ai comme l’impression que je ne parle pas souvent de films familiaux dans cette pourtant jeune rubrique : il faut vite corriger ce problème… Et ça tombe bien : après Artemis Fowl (que je n’ai pas chroniqué ici, mais il semblerait que ce soit pour mon bien comme pour le vôtre), Disney ramène sur sa plateforme Disney+ un film initialement prévu pour une sortie en salles. Mais ça, c’était avant une pandémie mondiale et la mise en place d’une nouvelle stratégie dans le département cinéma du studio : pour les salles, les tentpoles – quoique, le cas de Mulan se révèle déjà une entorse aux nouvelles consignes – et pour Disney+, le reste de la production, dans le plus strict respect des règles de la plateforme : des films familiaux sinon rien !

© Disney Enterprises, Inc.

Un gorille paisible, vedette déchue d’un spectacle de cirque dans un sinistre centre commercial de banlieue américaine, fomente l’évasion d’un éléphanteau, dernière recrue de son propriétaire : si vous n’êtes pas d’emblée conquis par ce pitch, c’est tout simplement que vous n’êtes pas un enfant. Dans la grande tradition antédiluvienne des films live Disney, Le Seul et unique Ivan, adaptation d’un roman (de littérature jeunesse) à succès de Katherine Applegate, ne s’adresse pas particulièrement aux parents, qui seront à n’en pas douter impressionnés par la qualité des effets spéciaux (le savoir-faire du Roi lion version 2019 n’a pas été négligé), beaucoup moins par la mise en scène plate de l’ensemble. Pour les enfants, tous les ingrédients de la jolie fable animalière sont réunis : Ivan est charismatique et tendre, tous les animaux sont attachants, et le propriétaire du cirque – interprété par le toujours aussi impeccable Bryan Cranston – est suffisamment nuancé pour qu’on saisisse son attachement à ses animaux autant qu’à sa réussite financière. Mieux, le scénario n’en fait jamais un antagoniste inquiétant, mais un individu sincèrement aveuglé par son désir de réussite. Épaulé par un joli casting vocal (avec en tête un duo Sam Rockwell / Danny de Vito qui fonctionne bien), il apporte de l’émotion à un film qui courait le risque d’être désincarné.

[INSTANT SPOILERS] Un point chiffonnera les plus grands : la façon dont le film réécrit la conclusion de l’histoire du vrai gorille Ivan, qui termina ses jours au zoo d’Atlanta. La version filmique se veut plus poétique et triomphante, laissant entendre qu’Ivan a retrouvé sa totale liberté…

Je vous donne rendez-vous mardi prochain pour un film endiablé et noir, très noir…

Le Seul et unique Ivan de Thea Sharrock (1h35 – États-Unis, 2020)
Disponible dès le vendredi 11 septembre sur Disney+