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Antoinette dans les Cévennes de Caroline Vignal

Une femme, un amant marié, des pics de randonnée et un âne nommé Patrick. Voici les ingrédients de cette comédie montagnarde… au sommet ! Car ce faux vaudeville déjoue les attentes pour se muer en portrait de femme, drôle et réjouissant. Vive la rentrée !

Avec : Laure Calamy (Antoinette), Benjamin Lavernhe (Vladimir), Olivia Côte (Éléonore), Marc Fraize (Michel), Jean-Pierre Martins (Shériff), Louise Vidal (Alice), Lucia Sanchez (Annie), Maxence Tual (Jacques), Marie Rivière (Claire), François Caron (Bernard), Ludivine de Chastenet (Élisabeth), Bertrand Combe (Jean-Pierre), Pierre Laur (Roland), Denis Mpunga (Idriss).

Antoinette, institutrice, a hâte de partir une semaine en vacances avec son amant Vladimir, homme marié et père d’une de ses élèves. Mais celui-ci annule pour une randonnée avec âne dans les Cévennes avec sa femme, Éléonore, et leur fille. Sans le prévenir, Antoinette part sur ses traces. À l’hôtel, elle partage le dîner avec les autres marcheurs, venus emprunter le “chemin de Stevenson”. Antoinette leur dévoile sa situation. Le matin, elle choisit son âne, qui s’appelle Patrick. La bête rechigne à avancer. Elle arrive la dernière au gîte d’étape. Elle pleure mais Idriss, qui tient la chambre d’hôtes avec sa femme, lui raconte l’histoire de Stevenson, lui aussi amoureux d’une femme mariée.

SUITE…

Le lendemain, elle s’épanche auprès de Patrick et s’aperçoit qu’il marche mieux quand elle parle. Elle se perd et passe la nuit dans la forêt. Le matin elle est de retour au gîte d’Idriss. Où viennent d’arriver Vladimir et sa famille. D’abord contrarié, Vladimir la retrouve pour la nuit dans le pré. Le lendemain, pendant la rando, Éléonore dit à Antoinette qu’elle est au courant, qu’elle n’est pas la première et que son mari ne la quittera jamais. Sous le choc, Antoinette court pour leur échapper et se foule la cheville. Elle arrive au nouveau gîte à dos d’âne. Là, un groupe de motards l’invite à dîner en ville. Elle passe la nuit avec l’un d’eux. Elle arrive à sa dernière étape, où elle rend Patrick. Au charmant randonneur qui repart avec l’âne, elle explique comment s’y prendre. Et repart avec eux.

Commentaire

Alors, on n’attend pas Patrick ?” À des kilomètres (plus de 500) du Camping de Fabien Onteniente, se trouvent le point de départ du GR70, du film de Caroline Vignal, et un autre Patrick. C’est ici le prénom de l’âne qui assiste l’héroïne dans sa randonnée sur le chemin de Stevenson, et sur les traces de son amant marié. De tous les plans, Antoinette c’est Laure Calamy, qui porte le film avec grâce et entrain. Le personnage rappelle d’ailleurs beaucoup la Noémie de la série Dix pour cent, qui a révélé l’actrice au grand public. Ces deux femmes à la recherche forcenée de l’amour partagent une forme de ridicule drôle et touchant. Et le rire naît d’abord ici du pathétique de l’héroïne, qui n’hésite pas à diriger la chorale de fin d’année en robe sirène pailletée et à faire interpréter Amoureuse de Véronique Sanson par ses élèves pour crier son amour via leurs jeunes voix. Première gêne, premiers rires. En quelques plans, le nœud est installé. Caroline Vignal va droit au but et lance illico Antoinette le long des pentes cévenoles, affublée d’un âne bâté, que la randonneuse novice a tôt fait de qualifier de “bourrique de merde”. Assez vite, le film déjoue nos attentes autour d’un vaudeville de montagne et de son trio classique “le mari, la femme, l’amante”, les deux premiers se voyant rapidement exfiltrés. On pensait suivre le GR de ces comédies françaises qui ne tiennent qu’à un pitch dont elles déroulent le fil sans inspiration ni sincérité. Or Vignal nous entraîne sur un chemin de traverse, qui dessine ses propres balises. Vingt ans après son premier film ( Les Autres filles ), la réalisatrice, qui a surtout travaillé comme scénariste, livre un “walk movie” finement écrit et élégamment mis en scène dans le cadre somptueux des massifs cévenols. Vivement Antoinette dans les Pyrénées !

Scénario : Caroline Vignal Images : Simon Beaufils Montage : Annette Dutertre 1 er assistant réal. : Nicolas Cambois Musique : Matei Bratescot Son : Guillaume Valeix Décors : Valérie Saradjian Costumes : Isabelle Mathieu Casting : Michaël Laguens Production : Chapka Films et La Filmerie Coproduction : France 3 Cinéma et Belga Productions Productrices : Laetitia Galitzine et Aurélie Trouvé-Rouvière Dir. de production : Olivier Lagny Distributeur : Diaphana.

95 minutes. France – Belgique, 2020 Sortie France : 16 septembre 2020