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Ce sentiment de l’été (Ennio Morricone)

Newsletter du 8 juillet

 

Chers lecteurs,

Point météo du 8 juillet 2020 : plein soleil sur l’Occitanie, pluies éparses à Montfarville et temps couvert sur l’Île de Sein, 18 degrés prévus dans le Pas-de-Calais, 30 envisagés dans le Gers et 23 soupçonnés dans l’Oise – peu importe en définitive, pourvu que l’on se laisse gagner par ce sentiment de l’été, pour emprunter ici son titre au beau film de Mikhaël Hers. Les juillettistes font le plein et les aoûtiens rongent leur frein, le concepteur de suppléments jeux & vacances fignole ses mots croisés d’été et moi ma newsletter qui fleure la sieste à l’ombre et l’apéro anticipé ; le conteur occitan reprend pour les touristes les visites guidées de la citadelle de Carcassonne et le mono de voile le chemin du bassin d’Arcachon ; la plage de Sète est enchanteresse comme dans un film de Kechiche et la côte normande comme dans un film de Rohmer ; les rues de la grande ville sont désertes qu’arpentent Moretti en Vespa, Gassman et Trintignant en Lancia Aurelia B24 et moi avec mes pieds et mon pass Navigo ; James Stewart et Cary Grant font lambiner Grace Kelly de New York à la Riviera… On la connaît, cette saison-là.

D’autres, qui n’ont pas les moyens de payer le gîte et le train, font un foot en bas de l’immeuble, boivent des cafés en terrasse ou se consolent à l’idée de retrouver les salles obscures et leurs saisons à la carte – il neige sur Malmkrog, notre film de la semaine, François Ozon rejoue l’Été 85 et, si j’en crois sa bande-annonce, on porte gros pulls et parkas dans le nouveau Philippe Garrel, Le Sel des larmes : faites votre choix.

S’il nous était possible d’ajouter ici un générique de fin, on se quitterait sans doute en écoutant Ennio Morricone (10 novembre 1928 – 6 juillet 2020), pourquoi pas l’un des thèmes déments de Chi l’ha vista morire ? (Aldo Lado et Vittorio De Sisti), ou bien celui, magnifique, qui ouvre la partition de Maddalena (Jerzy Kawalerowicz). Ou les chœurs suraigus de Una spiaggia a mezzogiorno (dans Vergogna Schifosi de Mauro Severino). Ou encore, plus évidemment, le mythique Thème de Deborah (Il était une fois en Amérique, Sergio Leone). Ou bien l’on se quitterait sur Rotativa (Rida Viva) de Chico Buarque, aux arrangements signés Morricone. Ou… – la liste n’est pas exhaustive : elle dit l’embarras du choix et l’étendue de la peine

Ou peut-être se quitterait-on plutôt sur Se telefonando, chef-d’œuvre pop composé par Morricone et interprété par Mina : cette chanson-là, c’est les vacances 365 jours par an.

 

Thomas Fouet

 
Photo : L’Ile au trésor Copyright Les Films du Losange

 

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