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[Chronique 92] Gilles Porte, directeur de la photographie

Aux Fiches du cinéma, comme partout, le coronavirus nous a mis au chômage technique. Alors, pour continuer autrement, nous avons voulu chroniquer ce temps de latence, en donnant la parole à différents professionnels du cinéma, pour savoir où est le cinéma quand il n’est plus dans les salles, ce qu’il fait quand il ne peut plus se faire, bref comment chacun vit individuellement cette situation inédite.

Gilles Porte est directeur de la photographie et réalisateur. Il est président de l’AFC (Association Française des directeurs de la photographie), et membre de l’association “Clowns sans frontières”

Lorsque Les Fiches du Cinéma me contactent afin de savoir si j’accepte de témoigner dans cette parenthèse imposée, j’accepte, tout de suite… J’ai du temps ! Je suis dans le sud de la France, avec ma fille et un passager clandestin : son chat. Nous sommes tous les trois entre le pont du Gard et des asperges qui surgissent de terre… J’ai pris avec moi des masques en tissu que j‘avais achetés, en décembre, au Vietnam, lors d’une intervention dans une école de cinéma… J’avais été impressionné par ces bouts de tissus que portaient chaque conducteur de scooter donnant à la ville d’Hanoï un côté surréaliste…

Tous les matins, au petit déjeuner, ma nièce, 9 ans, adresse des messages à sa mère, infectiologue à Toulouse dans un hôpital public. Les phrases chaleureuses de Ninon contrastent avec les chiffres terriblement froids qui nous recevons tous les soirs…  

Aujourd’hui les cerises valent 29 euros 95, rue du Poteau (Paris, 18ème) quand elles viennent d’Espagne et les asperges 16 euros 80… Je suis bien rentré à Paris ! Dans la capitale, les cinémas donnent l’impression de garder un peu plus les films à l’affiche mais la date du mercredi 18 mars, sur les colonnes Morris,  trahit l’anachronisme… Quelque chose semble figé…Plus que toute une profession, c’est tout un pan de la culture et du spectacle qui est à l’arrêt. Si le 80ème anniversaire de l’appel du Général De Gaulle marquera encore cette année notre grande histoire de France, convenons que le 22 juin 2020 sera sans doute plus attendu par celles et ceux qui feront acte de résistance en ré-ouvrant des salles de cinéma, 4 jours après le 18 juin… Combien de salles resteront fermées ? Combien auront fait faillite ? Combien de spectateurs feront ils le choix de s’enfermer dans des salles plongées dans l’obscurité avec des inconnus dont chacun est susceptible d’être porteur du virus ? Quoiqu’il en soit, il n’y a aura pas eu de  printemps pour le cinéma ! Et c’est sans doute encore pire pour le théâtre… Confiné dans un petit appartement du 18ème arrondissement de la capitale,  mon ami Oerd, dessinateur, a réalisé un court métrage d’animation magnifique… Il l’a appelé Winter.

Après un tournage, ou après le retour d’un grand voyage, les affiches de cinéma sont les premiers éléments visuels sur lequel mon regard se pose quand je retrouve la capitale. Souvent parce qu’à ce moment-là j’ai une très grande envie de grand écran. D’ailleurs, lorsque j’ai eu l’information que les projecteurs des salles de cinéma allaient s’éteindre pour une durée indéterminée (samedi 14 mars),  mon premier réflexe a été de me précipiter à la dernière séance d’une de ces églises dans lesquelles j’ai plaisir à me recueillir… Le film s’appelait Un fils, et le réalisateur tunisien Medhi M. Barsaoui y mêlait intime et politique comme dans tant de films qui m’ont donné un jour envie de faire ce métier (Cabaret  de  Bob Fosse (1972), Une journée particulière d’Ettore Scola (1977),  La grande illusion de Jean Renoir (1937) et tous les films de Ken Loach, pour ne citer que quelques exemples)…

Grâce à un ami, Jean-Marie Dreujou –  immense directeur de la photographie –  j’ai la chance, durant ce confinement d’être invité en bas d’un grand écran, chez lui… Là où d’autres auraient imaginé un garage, lui a choisi d’en faire une salle de projection.  Jean-Marie a choisi, parmi toutes ses copies 35 mm –  conservées à bonne température (!) –   Balzac et la petite tailleuse chinoise (2002),  réalisé par DaI Sijie et dont il a signé la photographie… Mon sevrage imposé et les conditions de cette projection décuplent mes sens de spectateur… Parfois Jean-Marie se lève pour recadrer l’image… La porte de la petite cabine de projection laisse alors entendre le ronronnement du projecteur 35 mm et ravive ma mémoire comme le goût d’une madeleine pour un autre. Jean-Marie a choisi ce film parce que la Chine ne peut se résumer à une histoire de virus, de pangolin et de chauve-souris mais aussi parce qu’il n’ignore pas que je viens de terminer (Vendredi 6 mars !) le tournage du dernier film réalisé par Marc Dugain intitulé Eugénie Grandet, adapté de BalzacUn huit clos…  Un autre face-à-face père – fille… C’est aussi en quelque sorte une autre histoire de confinement… Et pourtant quand je repense à la fantastique équipe de ce film, j’ai l’impression que nous avons a tourné un road-movie… C’est aussi cela qui me manque tant en ce moment : le travail en équipe !

« Eugénie Grandet » (réal Marc Dugain) / Caméra Sony Venice / Objectif Thalia (Leitz)

Il n’allait jamais chez personne, ne voulait ni recevoir ni donner un dîner ; il ne faisait jamais de bruit, et semblait économiser tout, même le mouvement. (Eugénie Grandet, Balzac, 1833)

Je ne regarde pas beaucoup de films à la télévision ou sur les plateformes numériques pendant cette période de confinement, comme si quelque chose s’était brisé. Je note cependant le manque d’audace et la médiocrité qu’offre le service public en rediffusant pour la nième fois certains films alors que les décideurs auraient pu faire un pari plus ambitieux. Quid de notre extraordinaire patrimoine cinématographique et de la diversité des cinémas du monde entier ? Je croyais avoir lu récemment que les statuts de France Télévision devaient “s’attacher à diversifier sa programmation cinématographique et à développer la partie éditoriale des cases cinéma pour les mettre en valeur, programmer régulièrement des œuvres d’Art et d’Essai, afin de refléter cet aspect de la création cinématographique.

Il m’arrive de trouver refuge sur un sommet des Alpes ou des Pyrénées, au cœur d’un Tour de France, retransmis par la chaine l’Equipe 21. Un jour je suis Hinault, un autre Richard Virenque, Thibault Pinot, Julian Alaphilippe,  Laurent Fignon, Romain Bardet,  Laurent Jalabert, Warren Barguil, Thomas Voeckler… Toujours vainqueur ! Parfois,  la rediffusion d’un match de foot qui a installé la France sur le toit de l’Europe ou du monde me ramène aussi en arrière… Nostalgie ?  Ces grands moments de sport et de télévision ne sont rien comparés à la rediffusion de Saint-Etienne / Bayern de Munich…  J’avais 9 ans, j’habitais la plaine du Forez et je m’habillais toujours en vert… Pas de doute, le confinement fait travailler la mémoire !

Comme Albert Camus, je partage l’idée  qu’“Il y a dans l’homme plus de choses à admirer qu’à mépriser (La peste – 1947)

Est-ce cela être “humaniste » ?

Alors que Marc Dugain et Xavier Durringer avec qui j’échange –  le premier à propos du montage de son film, le deuxième à propos de scénarii qu’il m’envoie – me confient écrire en ce moment sur leurs pères respectifs, je me rends compte qu’en ce qui me concerne c’est plutôt ma fille qui m’inspire. Forcément, écrire des lettres de motivations à des universités et des prépas quand on a 17 ans dans un monde qui rentre en récession,  ça interroge un peu… Pas une journée ne se déroule sans que j’aie conscience de cette chance et cela change considérablement la notion de l’instant… Syrine et moi  ne regardons pas nos montres de la même façon, ni au même rythme…  A cause – ou grâce – à l’isolement, la solitude et la proximité qui nous sont imposés, nous partageons des incertitudes en posant plus de points d’interrogation que de points d’exclamation. Avant l’arrivée du Coronavirus combien étions-nous à penser “tout savoir sur tout”. Si au moins cette pandémie sonnait un retour de la pensée, ne serait-ce pas là à un retour à l’essentiel ? Ne collaborions-nous pas, chacun de nous,  à une entreprise de profit et de destruction ?

Il y a un peu moins d’un an, ma fille et moi étions partis (sans son chat) autour du monde. Un geste de folie… Je pensais sincèrement que c’était la dernière fois que je ferais un grand voyage avec elle,  persuadé qu’elle préférera partir avec des amis ou son copain la prochaine fois…  26 jours…   20 avions pour retrouver 10 ans plus tard, dans 5 pays, une dizaine d’enfants parmi les milliers que j’avais fait se dessiner autour du globe… Forcément, question coefficient carbone, nous faisons beaucoup mieux cette année ; nous  n’avons pas le droit de nous déplacer à plus d’un kilomètre de notre lieu d’habitation ! 

Hawukele, Afrique du Sud
Jacinta, Australie
Mayerlie, Colombie
Syrine, France
Tomoka, Japon

Syrine me dit qu’il faut arrêter de critiquer les politiques et s’engager, chacun, un peu plus… Et voilà qu’elle me cite des propos d’Alain Simon, expert en géopolitique : “Le temps des médecins légistes vient un jour. Mais aux Urgences, on n’en a pas besoin. Comme on n’avait pas besoin de contrôleur de gestion sur le Titanic”. Ce que notre précédent tour du monde n’avait pas réussi à résoudre dans l’équation qui se posait à elle – Syrine ne savait pas vers quoi se diriger –  vient de trouver une évidence aujourd’hui. Dès la rentrée prochaine,  Syrine sera engagée sur les bancs de Nanterre, dans une section qui s’appelle “humanité avec des cours de droit, de français, de philosophie, d’histoire, de langues, de rhétorique et de sciences politiques… Elle partagera alors un appartement avec une de ses amies d’enfance qui rentre à l’école du Louvre et alors, comme beaucoup, je devrai “prendre rendez-vous” avec ma fille… Ce confinement marquera à jamais cette cohabitation momentanée entre ma fille, son chat  parisien – qui découvre la possibilité de se balader sur un toit –  et moi… Plus que  l’histoire d’une pandémie, il marquera pour moi la fin de l’adolescence… Syrine, comme le homard de Françoise Dolto change de peau… Je ne sais pas si j’ai fait ma fille, mais ma fille m’a fait père… En écrivant ces mots, je prends conscience que jamais je n’avais passé deux mois en tête en tête avec elle…

Ce voyage “à l’arrêt”, dans un petit village du Gard, est étrangement un des plus beaux qu’il m’ait été de vivre avec ma fille. C’est un autre tour du monde que je découvre avec Syrine… Des chiffres, des courbes viennent du monde entier et nous montrent chaque soir des images qu’aucun cinéaste n’aurait jamais imaginées.

Des amis,  à l’autre bout de la planète, me racontent, souvent avec humour, leurs conditions… Comment oublier Asima, qui me téléphone de Ramallah , et me confie, avec humour, que “question confinement, les palestiniens ont un peu d’avance sur le reste du monde…”. Pendant ce temps, un fleuriste hollandais, les larmes aux yeux, déclare à une grande chaine d’informations qu’il est obligé de jeter des tonnes de tulipes prêtes à être envoyées parce  qu’il ne peut plus expédier dans le monde entier. Quand la caméra prend plus de hauteur,  on découvre alors des milliers de tulipes qui poussent, hors sol, sous une lumière artificielle, avant qu’elles ne soient livrées aux avions cargo rempli de kérosène :  Est-il  bien utile de continuer ainsi à cultiver des fleurs  ?  

Quand ma fille et moi interrogeons l’avenir, difficile de se dire qu’après tout cela notre monde ressemblera tout à fait à celui qui nous avons traversé, il y a un peu moins d’un an… La priorité est encore actuellement en France de “protéger les plus faibles”, en l’occurrence “les vieux, les septuagénaires, les octogénaires. N’est-ce pas étrange tout de même cette société qui fait de ses vieux “la priorité des priorités” et qui ne se soucie pas assez de l’état de la planète qu’elle va laisser et les milliards de dettes que nos enfants vont devoir payer ?

Cette période est aussi l’occasion d’éprouver la notion de collectif… Quel plaisir de voir comment les directrices et les directeurs de la photo de l’AFC s’engagent auprès des étudiants de grandes écoles de cinémas, aussi à l’arrêt… Grâce à la complicité de beaucoup, nous organisons une trentaine de réunions virtuelles de plus de 2 heures. C’est formidable et cela fera date ! Je crois depuis très longtemps à l’intelligence collective à condition que celles et ceux qui vivent une épreuve acceptent de réfléchir ensemble…

Je n’ai eu réellement le sentiment de sortir de mon état de sidération que  lorsque j’ai retrouvé l’envie de filmer mon voisin, Roger, 84 ans, que j’ai fait dessiner dans son jardin, sur une vitre, dans ce petit village agricole où j’ai appris à marcher et à lire… Les gestes magnifiques de Roger et son parcours se retrouveront  peut-être  dans un prochain film tant j’ai retrouvé dans son élan ce qui m’a animé un jour pour tenter de pénétrer de l’autre côté du grand écran, à l’instar de Mia Farrow, dans La rose pourpre du Caire (1985)… Roger peint actuellement une série de peintures abstraites qu’il appelle “joie” et qui sont à des années lumières des images des “anciens” que les médias nous renvoient tous les jours…

Quand je quitte cette maison de famille, je colle un bout de ruban adhésif transparent sur la vitre qui donne sur la rue déserte du village en écrivant au feutre indélébile : directed by David Lynch, en m’inspirant d’une photo reçue sur WhatsApp (cf ci-dessous)…  Je n’ajoute pas le mot “the end, tant je sais que ce qui nous attend va être terrible.

Et si je devais moi aussi songer à quelques lettres de motivations pour mieux préparer la rentrée ? Avant de retraverser la France avec une autorisation exceptionnelle qui autorise une adolescente à retrouver sa mère et un père à retrouver Paris, j’écoute religieusement « Je veux vivre » du chanteur Arno. Arno, qui m’accompagne de jour comme de nuit…

« (…) Je veux vivre dans un monde 
Sans pilules, et où les riches, et les pauvres 
N’existent plus. 
Je veux vivre dans un monde 
où les chiens embrassent les chats
Et où ils dansent .. 
Ils dansent une rumba. (…)
(Je veux vivre / Arno – 2016)

A Paris, je trouve soudainement une idée géniale pour un emplacement de la silhouette en métal de Jacques Tati- qui pèse plusieurs kilos –  que m’a mère m’avait offerte il y a un an…  Etrangement cette sculpture n’avait jamais “trouvé sa place” dans mon appartement du 18ème… Attaché à un fil de nylon Jacques Tati passe aujourd’hui son temps à regarder par la fenêtre… Comment n’y avais-je pas pensé avant ? Il a fallu donc un confinement pour arriver à cette évidence ! Lorsque les vitres sont ouvertes, Jacques Tati se comporte comme un mobile… Il suffisait juste d’accrocher le fil au bon centre de gravité qui se trouve quelque part sous le chapeau de  Mon oncle (1958) !!

Le cinéma, c’est un stylo, du papier et des heures à observer le monde et les gens  (Jacques Tati)

Aujourd’hui, j’ai des projets d’écriture et des projets de films magnifiques comme directeur de la photographie mais forcément des projets qui ne dépendent pas que de moi … Tant qu’un individu aura des projets, alors il sera vivant… Donc je suis en vie, comme beaucoup de cinéastes, de directeurs de la photographie, d’ingénieurs du sons, de chef décorateurs, de monteurs et de techniciens qui m’entourent…  Mais tout cela est si fragile… Comme beaucoup j’ai vu la séquence pathétique de notre président échanger avec certains d’entre nous, intermittents du spectacle, musiciens, danseurs, créateurs au cinéma, au théâtre ou dans le domaine du spectacle vivant… Comme mon ami Bernard Chambaz, “j’ai découvert un nouveau sport grâce à notre président juvénile : enfourcher le tigre. (…) Un sport qui ne coute pas cher, sauf le tigre à moins qu’il ne soit de papier, même s’il le jure – le président – qu’il faut mettre le paquet. Une expression de l’ancien monde remise à la mode du nouveau et qui fait une rime (riche) avec caquet et une rime (suffisante) avec Palfroquet” Comme beaucoup, je m’attends à des gestes plus fondateurs que la simple ouverture du Puy du fou mis en scène par Philippe de Villiers…

Difficile de ne pas repenser au président Franklin Roosevelt qui, d’une manière très pragmatique, a sauvé la situation catastrophique de beaucoup d’artistes américains après la crise de 1929. Diplôme de l’université d’Harvard, Roosevelt ne s’intéressait pourtant pas aux arts. Si Franklin Roosevelt est resté à ce jour l’homme politique américain qui a le plus contribué à l’Art, l’histoire ne me dit cependant pas si, lorsqu’il s’adressait aux artistes, il était “en bras de chemise ou “en boutons de manchettes”…

(…) Les gens de ce pays savent désormais, quoi qu’on leur ait enseigné, que l’art n’est pas seulement quelque chose que l’on peut posséder, mais quelque chose que l’on peut faire. Et c’est l’art de faire, et non pas celui de posséder, qui constitue l’art. (Franklin Roosevelt – 1941)

N’est- il pas plus que jamais nécessaire de penser, de rêver, de regarder et d’écouter en dehors des petits écrans plasma qui ont surchauffé au printemps ? N’est-il pas nécessaire de faire se conjuguer ensemble à nouveau le politique et l’intime, le visible et l’invisible, le réel et l’imaginaire ? N’est-il pas nécessaire de continuer à faire du cinéma et à transmettre ce désir de cinéma –  de tous les cinémas –  qui nous anime? Sans oublier de toujours avoir un regard sur ce qui nous entoure, même quand les images qui nous parviennent sont épouvantable

En écrivant ces mots, je repense au “néoréalisme italien, apparu à la fin de la seconde guerre mondiale et qui a été à l’origine de mes premiers émois de spectateur… Né grâce à un effort collectif après que les italiens aient été confrontés aux événements dramatiques de la guerre, ce cinéma a révélé des gestes, des silences, des prises de conscience, des ellipses, des décors, des lumières naturelles, des acteurs inconnus et a rompu avec les formes qu’Hollywood et Cinecitta imposaient… Comme si une épreuve terrible avait permis de métamorphoser une écriture cinématographique… Qu’Antonio Ricci –  le personnage principal du film Le voleur de bicyclette (1948) –  en train de  coller le visage de Rita Hayworth sur un mur de Rome – que Roberto Rosselini avait qualité à l’époque de “ville ouverte” – soit un clin d’œil pour toutes les  salles de cinéma d’Art & d’Essai de l’hexagone qui ont permis un jour à une mer de monter et à Irène et Dries – Les personnages de Quand la mer monte – d’exister bien en dehors de certaines lois du marché…

Gilles Porte (cinéaste) / Président de l’AFC / Membre du Conseil d’Administration de Clowns sans frontières.

“ De tout il restera trois choses :
La certitude que tout était en train de commencer,
La certitude qu’il fallait continuer,
La certitude que cela serait interrompu avant que d’être terminé.
Faire de l’interruption, un nouveau chemin,
Faire de la chute, un pas de danse,
Faire de la peur, un escalier,
Du rêve, un pont,
De la recherche une rencontre. ”

(Fernando Pessoa)