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[Chronique 97] Laura Caselli, directrice de casting et coach répétitrice

Aux Fiches du cinéma, comme partout, le coronavirus nous a mis au chômage technique. Alors, pour continuer autrement, nous avons voulu chroniquer ce temps de latence, en donnant la parole à différents professionnels du cinéma, pour savoir où est le cinéma quand il n’est plus dans les salles, ce qu’il fait quand il ne peut plus se faire, bref comment chacun vit individuellement cette situation inédite.

Laura Caselli est directrice de casting et coach répétitrice. Elle a notamment travaillé sur Alice et le maire, La Prière, Nos batailles, Le Prix du succès et L’Avenir.

Après deux mois de confinement, dans quelle situation matérielle êtes-vous et quel est votre état d’esprit ?

L’année 2019 et le début de 2020 ayant été marqués pour moi par une activité professionnelle intense, je n’ai pas réellement rencontré de difficultés matérielles. Et c’est une chance. Pour autant, je n’ai effectivement pas reçu mon salaire moyen mensuel. Après ces deux mois confinés, j’ai l’impression que ma vie professionnelle en tant que directrice de casting et coach répétitrice a repris là où elle s’était arrêtée. Mais, évidemment, les conditions imposées par les productions rappellent cette période exceptionnelle que l’on vit et la présence, encore aujourd’hui, du virus.  Je reste positive face à cela et la reprise des tournages me rend optimiste.  Sur un plan plus personnel, j’espère que cette expérience nous donnera l’occasion d’un réveil écologique fort…

Ce temps vous a-t-il permis, individuellement ou collectivement, de développer des stratégies ou des occupations pour vous adapter à ce moment d’arrêt quasi complet du cinéma ?

Effectivement, le confinement nous a laissé du temps. Pour réfléchir, se recentrer, créer.

J’ai, quant à moi, utilisé ce temps pour jardiner, cuisiner mais aussi écrire. Prendre l’opportunité de ce temps pour enfin poser sur papier une histoire qui m’habitait depuis une dizaine d’années. Et, je peux vous le dire, ça fait un bien fou !

Concernant mon activité professionnelle,  tout ne s’est pas arrêté définitivement. Certains castings ont pu continuer grâce aux nouvelles technologies. Et, bien que je n’aime pas y avoir recours, j’ai dû demander aux comédiens de m’envoyer des self tapes. Et on a dû faire avec.

Est-ce que vous avez lu, vu ou entendu des choses qui vous aident à penser la situation dans laquelle nous sommes ?

Tout en essayant au maximum de me préserver des médias anxiogènes, j’ai suivi activement les informations liées au monde de la culture et notamment sur les conséquences du confinement relatives aux droits des intermittents, question qui n’est apparue, malheureusement, dans le débat politique que très tardivement.

Si le cinéma et les différentes professions qui le composent sont dans la nécessité de se réinventer à l’issue de cette crise, à quoi pensez-vous qu’il faille être particulièrement attentif ? En quoi placez-vous vos espoirs ?

Il faut être attentif au côté humain, c’est sûr ! Les boites de production nous ont envoyé des consignes très précises à respecter pour la reprise des tournages. À savoir une charte de bonne conduite, avec le respect des gestes barrières notamment, et le port du masque obligatoire. Également, un référent COVID est nommé, qui s’assure de l’application des normes sanitaires recommandées.

Chaque métier présent dans le cinéma est indispensable pour la réalisation d’un film aujourd’hui et bien qu’il y ait une technologie de plus en plus avancée, qui pourrait permettre à certains métiers de télétravailler par exemple, le tournage requiert une présence physique indispensable de toutes les équipes.

Il faudra minimiser les risques liés à la santé si cette situation perdure.

Le fait que les tournages reprennent, cette envie de créer et l’engagement des professionnels de la culture que l’on a pu voir pendant le confinement me donnent de l’espoir pour la pérennité du cinéma. Il faudra être imaginatifs et trouver des solutions. Et on le fera !

Vous arrive-t-il d’imaginer à quoi pourrait ressembler un film post-Covid 19 ?

Je ne sais pas s’il y aura des différences majeures dans le contenu d’un film post Covid-19. Ceci dit, concernant les projets sur lesquels je travaillais et qui ont été interrompus brutalement par la mesure du confinement, quelques modifications ont dû être apportées. Effectivement, afin de pouvoir reprendre les tournages, tout en respectant les mesures d’hygiènes requises par la situation, certaines séquences ont été réécrites et la mise en scène pensée différemment. Il faudra minimiser également le nombre de personnes sur un tournage, c’est-à-dire moins de figurants par exemple… Difficile lorsqu’on veut faire des séquences de “foule”… À moins d’avoir recours aux outils technologiques ! À suivre…


Chaque illustration des articles des Chroniques du cinéma confiné est choisie et envoyée par l’intervenant lui-même.