Rechercher du contenu

Tommaso de Abel Ferrara

Un artiste américain exilé à Rome s’adapte à une nouvelle vie de famille, avec femme et enfant, après des années d’addiction.Tommaso marque le retour discret mais mérité d’Abel Ferrara, accompagné d’un Willem Dafoe dont il tire le meilleur.

Après trois documentaires (Alive in France – le seul à être sorti en France -, Piazza Vittorio et The Projectionist), Abel Ferrara renoue avec la fiction par la petite porte de sa propre vie. À l’écran, Willem Dafoe incarne le personnage-titre, un artiste américain – qu’on imagine aisément cinéaste – installé à Rome avec sa jeune épouse, Nikki, et leur fille de 3 ans, Deedee. À la ville, Cristina Chiriac (Nikki) et Anna Ferrara (Deedee) sont respectivement la conjointe et la fille du cinéaste… et l’appartement où va se dérouler une grande partie de l’“intrigue”, celui où vit la famille à Rome. Cette chronique de la vie d’un artiste en quête d’inspiration, en constante introspection, en lutte permanente avec son passé et ses démons, est celle de la vie de Ferrara aujourd’hui. Dafoe constitue son alter ego absolu : l’acteur, qui s’est déjà mis au service de Ferrara pour Go Go Tales (2007), 4h44 Dernier jour sur Terre (2011) et surtout le mémorable Pasolini (2014), semble avoir compris mieux que quiconque les tourments qui habitent, encore aujourd’hui, le réalisateur assagi.

Les meilleures séquences, dont on imagine qu’elles proviennent des expériences du cinéaste, montrent ainsi Tommaso ouvrant son cœur, libérant sa voix pour se (dé)livrer lors de réunions d’anciens addicts. En totale contradiction avec ces passages profondément authentiques, Ferrara écrit de grossières scènes de dispute ou se perd dans des passages pseudo-oniriques, qui affaiblissent un ensemble fragile mais in fine séduisant. Sans maestria mais avec de vraies intentions poétiques qui font mouche (en particulier une séquence finale inattendue et hallucinée), ce “petit” film montre que Ferrara n’a pas dit son dernier mot.

Tommaso de Abel Ferrara
Disponible en VOD dès le 8 avril 2020