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[Chronique 21] Sébastien Laudenbach, cinéaste

Aux Fiches du cinéma, comme partout, le coronavirus nous a mis au chômage technique. Alors, pour continuer autrement, nous avons voulu chroniquer ce temps de latence, en donnant la parole à différents professionnels du cinéma, pour savoir où est le cinéma quand il n’est plus dans les salles, ce qu’il fait quand il ne peut plus se faire, bref comment chacun vit individuellement cette situation inédite.

Sébastien Laudenbach est cinéaste, producteur et illustrateur. Il est notamment l’auteur de La Jeune fille sans mains.

Sur quoi travailliez-vous quand est arrivé le confinement ?

J’étais en attente de financement pour le long métrage d’animation Linda veut du poulet, co-réalisé avec Chiara Malta et produit par Dolce Vita Films et Miyu Productions. Le film est en partie financé mais pas suffisamment pour lancer la production… Je venais aussi de terminer un film pour le Video Mapping festival de Lille qui devait se tenir le 3 avril, ainsi que l’affiche du prochain film de Michel Leclerc, Pingouin & Goéland et leurs 500 petits, qui devait sortir mi-avril. Ces deux événements sont repoussés. Le Video Mapping festival aura lieu à la même date l’année prochaine.

Quelles implications professionnelles et économiques a ou va avoir l’épidémie pour vous ? 

A priori aucune mis à part le report du festival. Je continue mes cours à l’EnsAD en vidéo et avance sur mes projets en cours. Quand on fait de l’animation, on a la chance de pouvoir être relativement autonome. Je peux dessiner et animer à la maison.

Des solutions se mettent-elles déjà en place pour s’adapter à ces bouleversements ? Est-ce que vous travaillez pendant le confinement : à quoi et comment ?

Je travaille à l’adaptation de Vibrato, le film que j’ai eu l’opportunité de faire pour la 3ème Scène de l’Opéra de Paris il y a 4 ans. On me demande de l’adapter pour une projection dans la Jam Capsule, nouvelle salle qui ouvrira prochainement à la Villette. C’est une arène de projection de 11 mètres de haut sur 110 mètres de circonférence. C’est un tout autre rapport à l’écran, au rythme, à la succession ou la juxtaposition des plans. Il faut donc totalement adapter le film, ce qui est assez amusant.

Est-ce que la réclusion forcée vous paraît propice à l’écriture, à la création, ou est-elle au contraire une entrave ?

Travailler sans cadre est assez difficile et les premiers jours ont été plutôt mous. Nous sommes en troisième semaine et je commence à prendre mon rythme. Le fait de travailler sur cette adaptation m’aide beaucoup. Donc non je ne dirais pas que cette réclusion facilite le travail, bien au contraire…