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[Chronique 16] Manuel Chiche, producteur et distributeur

Aux Fiches du cinéma, comme partout, le coronavirus nous a mis au chômage technique. Alors, pour continuer autrement, nous avons voulu chroniquer ce temps de latence, en donnant la parole à différents professionnels du cinéma, pour savoir où est le cinéma quand il n’est plus dans les salles, ce qu’il fait quand il ne peut plus se faire, bref comment chacun vit individuellement cette situation inédite.

Manuel Chiche est producteur et distributeur. Il est notamment gérant de la société The Jokers.

Sur quoi travailliez-vous quand est arrivé le confinement ?

Sur les prochaines sorties, et nos différents développements et productions. J’étais surtout en train de m’enthousiasmer sur les chiffres de Vivarium au cinéma.

Quelles implications professionnelles et économiques a ou va avoir l’épidémie pour vous ? 

C’est encore difficile à dire. Notre entité de programmation en salles, les Bookmakers, est bel et bien au chômage technique, les salles étant fermées. Quant aux Jokers et à La Rabbia, nous avançons sur les dossiers sur lesquels c’est possible mais tout s’est brutalement énormément ralenti. Nous travaillons tous à distance, sur ce que nous pouvons. Et nous faisons deux skype collectifs par semaine pour garder le contact, et pour être sûrs que toutes les équipes et leurs familles vont bien.

Des solutions se mettent-elles déjà en place pour s’adapter à ces bouleversements ?

À ce jour, en dehors des possibilités de chômage partiel mises en place par le gouvernement, et des quelques mesures adoptées par le CNC, chacun essaie de panser les plaies comme il peut. Il est très difficile de pouvoir faire de la prospective, vu que les impacts du virus varient chaque jour. Mais la protection des proches passe avant tout le reste. Et le maintien du lien. Cela dit, le télétravail évite les digressions et oblige à aller à l’essentiel.

Est-ce que vous travaillez pendant le confinement : à quoi et comment ?

À organiser le travail des équipes, à leur faire garder le moral, à avancer sur un livre que nous projetons d’éditer prochainement et à gérer les affaires courantes, lorsque cela est possible.

Est-ce que la réclusion forcée vous paraît propice à l’écriture, à la création, ou est-elle au contraire une entrave ?

À la création, ce n’est pas si sûr. Je dirais à la révision plutôt. En ce qui me concerne, j’en profite pour revoir des classiques plus vus depuis longtemps, pour lire ce que je n’ai jamais le temps de faire en dehors des scripts, et, vivant en banlieue, à l’entretien de mon jardin. C’est un nouveau mode de vie, pas si déplaisant en fait, malgré l’extérieur devenu inquiétant. Cet espèce de repli sur soi forcé est assez étrange. En venir à craindre l’extérieur et le contact n’est pas quelque chose de très naturel.


Chaque illustration des articles des Chroniques du cinéma confiné est choisie et envoyée par l’intervenant lui-même.