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[Chronique 12] Nicolas Pariser, cinéaste

Aux Fiches du cinéma, comme partout, le coronavirus nous a mis au chômage technique. Alors, pour continuer autrement, nous avons voulu chroniquer ce temps de latence, en donnant la parole à différents professionnels du cinéma, pour savoir où est le cinéma quand il n’est plus dans les salles, ce qu’il fait quand il ne peut plus se faire, bref comment chacun vit individuellement cette situation inédite.

Nicolas Pariser est réalisateur et scénariste. Il est l’auteur du Grand jeu, et de Alice et le maire.

Sur quoi travailliez-vous quand est arrivé le confinement ?

Je travaillais sur le montage d’épisodes d’une série que j’ai tournés pour Arte au mois de février (En analyse, produit par les films du Poisson). Je continuais aussi à écrire mon prochain film.

Quelles implications professionnelles et économiques a ou va avoir l’épidémie pour vous ? 

Je n’en sais absolument rien, je n’ai aucune idée de la manière ni de l’ampleur dont l’économie du cinéma français va être bouleversée par l’épidémie. Y aura-t-il une volonté politique de trouver de réelles solutions pour surmonter la catastrophe ? Sera-t-il simplement possible de faire un film en France dans six mois ? Je n’en ai aucune idée.

Des solutions se mettent-elles déjà en place pour s’adapter à ces bouleversements ? Est-ce que vous travaillez pendant le confinement : à quoi et comment ?

Pour le moment, il y a une épidémie à endiguer, un quotidien à vivre, il est à mon sens beaucoup trop tôt pour essayer de s’adapter à un hypothétique futur. Je pense qu’il faut avoir l’honnêteté de dire que nous sommes tous – et évidemment pas seulement dans le cinéma – dans un brouillard total.

Est-ce que vous travaillez pendant le confinement : à quoi et comment ?

Je continue à suivre de loin le montage des épisodes de la série que j’ai tournés. La monteuse m’envoie des montages d’épisodes et je fais des remarques par mail et par téléphone. C’est une manière inhabituelle pour moi de travailler. Pour mes films, j’assiste, aux côtés de la monteuse, à la totalité du processus devant la station de montage et discute avec elle toute la journée de chaque raccord, de l’architecture de chaque scène et du film dans sa globalité. En même temps, une série télévisée est un travail beaucoup plus collectif et cette manière de faire me semble pertinente. En ce qui concerne l’écriture de mon prochain film, c’est un peu différent. Quand j’écris, de toute façon, je ne sors pratiquement pas de chez moi, si ce n’est pour aller une heure chez Gibert deux ou trois fois par semaine. Disons que la différence principale ces jours-ci est que je ne suis pas seul à la maison pendant la journée et que je dois vivre au rythme de la vie de ma famille. Mais, je dois dire que je n’avance pas si mal et que mon quotidien professionnel en période d’écriture n’est pas si chamboulé que ça, en ce sens je suis très privilégié.

Est-ce que la réclusion forcée vous paraît propice à l’écriture, à la création, ou est-elle au contraire une entrave ?

Disons que la réclusion forcée induit une angoisse très spécifique mais, de toute façon, je crois qu’on est toujours très angoissé quand on écrit. Lorsque le confinement cessera et qu’une sorte de semblant de retour à la normale adviendra je serai sans doute angoissé par tout un tas de choses nouvelles et inattendues.


Chaque illustration des articles des Chroniques du cinéma confiné est choisie et envoyée par l’intervenant lui-même.