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[Chronique 14] Lola Naymark, Comédienne

Aux Fiches du cinéma, comme partout, le coronavirus nous a mis au chômage technique. Alors, pour continuer autrement, nous avons voulu chroniquer ce temps de latence, en donnant la parole à différents professionnels du cinéma, pour savoir où est le cinéma quand il n’est plus dans les salles, ce qu’il fait quand il ne peut plus se faire, bref comment chacun vit individuellement cette situation inédite.

Lola Naymark est comédienne et metteure en scène, au cinéma et au théâtre. Elle travaille entre autres avec Robert Guédiguian depuis plusieurs années. Elle a également réalisé un court métrage : Il était une fois mon prince viendra.

Sur quoi travaillais-tu quand est arrivé le confinement ?

Je sortais tout juste de congé maternité, j’allais me remettre au travail après cette période magique mais déjà hors du temps. J’allais me remettre à écrire un long métrage que j’avais mis en pause. J’apprenais le texte d’Alabama Song, le spectacle dans lequel je vais jouer à la rentrée, et je préparais la lecture d’Un long dimanche de fiançailles que je devais faire mi-mars à la Comédie de Béthune. J’étais excitée à l’idée de retrouver un peu de temps pour moi, mais surtout à l’idée de retrouver les autres. C’est quand même ce que je trouve de plus joyeux dans nos métiers, la partie “en équipe”.

Quelles implications professionnelles et économiques a ou va avoir l’épidémie pour toi ? 

J’ai de la chance, je n’aurai pas de problèmes d’heures. La Comédie de Béthune a été un des premiers théâtres à s’engager à payer tous les contrats qui s’annulaient. Les répétitions d’Alabama Song qui devaient démarrer vont se décaler…
Ca va juste demander des réarrangements, des efforts de planning, tous les projets d’avril-mai-juin vont vouloir cohabiter en septembre-octobre-novembre avec ceux qui étaient déjà prévus à cette période…
En revanche pour écrire, j’attends un peu, impossible pour le moment.

Je pense beaucoup à ma famille de cinéma, l’équipe de Guédiguian qui a dû suspendre le tournage en cours six semaines avant la fin, rapatrier l’équipe et le matériel du Sénégal, s’arrêter en plein élan.

Est-ce que tu travailles pendant le confinement : à quoi et comment ?

Très peu, je m’occupe de mes enfants, je profite de ce temps suspendu pour les regarder pousser, j’ai cette chance infinie de pouvoir m’offrir ce luxe.
Mais c’est une activité à temps plein !
Je ne lis pas, j’écoute de la musique, je révise mes textes, j’essaie de continuer à rêver à mes projets en cours pour mieux les retrouver.

Chaque illustration des articles des Chroniques du cinéma confiné est choisie et envoyée par l’intervenant lui-même.