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Rock Hard Times

Newsletter du 25 mars

 

Chers lecteurs,

Je vous épargne mon journal de confinement (c’est devenu, ces derniers jours, un sous-genre littéraire en soi), ce n’est guère passionnant du reste : comme je le redoutais, j’ai échoué à pousser les cloisons (note pour plus tard : suggérer au propriétaire d’installer des cloisons molles et extensibles), aucune pièce supplémentaire n’est apparue en actionnant un mécanisme caché et, au train où vont les choses, d’ici ce week-end je devrais peindre des bisons sur les murs, lundi domestiquer le feu et mardi inventer la roue. Mais nous en sommes tous là, tenus de composer avec nos intérieurs plus ou mois exigus, confortables ou ensoleillés (et plus ou moins peuplés), de traquer la poussière sous les meubles et la joie dans les livres (ou les films : aux grands maux les grands remèdes), et d’attendre la fin de l’assignation à résidence – et tout ce qu’enfin elle nous permettra de faire. Certains horoscopes nous promettaient des rencontres amicales, amoureuses ou professionnelles : dans quel renflement du réel ont-elles glissé ? Pourra-t-on les provisionner pour les beaux jours ? Je n’en doute pas. Pour ma part (cette part, probablement l’avons-nous en partage), ce sont des retrouvailles que j’espère. Telle est, sans doute, notre mission : faire de ce confinement, outre une mesure de santé publique, les plus grands starting-blocks de l’Histoire, prendre en pensée notre élan pour (re)vivre de belles choses.

Nous en sommes tous, surtout, à penser à nos proches, confinés eux aussi, ou bien, personnels hospitaliers, employés de la distribution… (ajoutez ici le métier de votre choix : ils ne manquent pas), quotidiennement mobilisés.

Par ailleurs, nous nous étions promis de garder le contact avec vous : c’est l’objet de cette newsletter évidemment – la traditionnelle homélie du mercredi, sans morale nette ni élévation spirituelle, en somme très en phase avec le contemporain –, mais aussi de deux rubriques que nous lançons cette semaine sur notre site.

Dans la première (Chroniques du cinéma confiné) nous allons, en ces temps singuliers, à la rencontre de celles et ceux qui font le cinéma, le rendent possible, l’accompagnent : réalisateurs, producteurs, distributeurs, critiques… Comment composent-ils avec les événements ? Comment poursuivent-ils (ou non) leurs activités ?

Dans la seconde, nous mobilisons nos rédacteurs en leur proposant de répondre à un questionnaire cinéphile conçu par Clément Deleschaud : l’occasion de connaître un peu mieux celles et ceux qui, d’ordinaire (mais un ordinaire de gourmets, le Top Chef des revues critiques), rédigent les Fiches.

Nous prenons des nouvelles, nous faisons plus ample connaissance : nous maintenons le lien et mettons tout en œuvre pour que Les Fiches puissent continuer à travailler.

Un dernier mot, enfin, à propos de L’Annuel du Cinéma 2020 et à l’adresse de nos clients : nous vous l’annoncions il y a peu, l’ouvrage est prêt, toutefois – vous le comprendrez sans doute – nous avons décidé de ne l’envoyer qu’au terme de la période de confinement, afin de limiter les occasions de contact. Tout au long de cette période, les précommandes au tarif préférentiel restent évidemment ouvertes.

Pour le moment, j’en reste là. Elles sont un peu compliquées, ces temps-ci, mes newsletters : j’ai l’impression de faire des créneaux entre la gravité (de mise) et la légèreté (nécessaire). Deux fois sur trois je mords un peu sur le trottoir, et je reprends tout à zéro.

En un mot comme en cent j’espère, nous espérons, que vous vous portez bien, vous, ainsi que vos proches ; bonne lecture, et que la semaine qui vient vous soit la meilleure possible.

Amitiés (on a passé le stade du “Bien cordialement”, non ?),

 

Thomas Fouet

Photo : Dans la cour (© Roger Arpajou)

 

Newsletter du 25 mars 2020
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