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Star Wars : L’Ascension de Skywalker

Désormais sans Luke, Rey poursuit sa formation. J.J. Abrams revient aux commandes de ce neuvième volet de la saga Skywalker, pour livrer une conclusion sincèrement émouvante, mais un peu hâtive et qui revient maladroitement sur les idées des Derniers Jedi.

Après 42 ans de bons et loyaux services au cinéma, la famille Skywalker tire donc sa révérence. Et c’est à J.J. Abrams , qui avait eu la responsabilité de démarrer l’ère Disney de la franchise en 2015 avec Le Réveil de la Force, que revient l’honneur (suite au désistement de Colin Trevorrow) de conclure la saga aux trois trilogies. Mais Abrams se retrouve à prolonger une intrigue qui, le temps du volet signé Rian Johnson, lui a échappé. Les questions et enjeux laissés en suspens dans Les Derniers Jedi ne lui convenaient visiblement pas… Et les décisions qu’il prend sur cet ultime épisode plus spectaculaire, plus exotique, plus haletant (parfois au détriment de la logique) poussent à réexaminer les deux volets précédents : Le Réveil de la Force jouait sur l’héritage de la franchise, avec déférence et élégance ; Les Derniers Jedi s’évertuait à sortir des sentiers battus et à interroger la forme stylistique et narrative du blockbuster.

Abrams ne peut plus se reposer sur la nostalgie et n’a pas l’ambition de Johnson : le voilà obligé, au pied du mur, de se confronter directement à George Lucas et à la capacité de ce dernier à élaborer un monde imaginaire. Par respect, aveuglement ou égoïsme, Abrams se montre incapable de s’émanciper de cette figure du père. Son échec ne signifie pas pour autant celui du film : libéré de la contrainte de faire vivre ses personnages ad vitam æternam, L’Ascension de Skywalker permet au public de les accompagner jusqu’à la fin d’un cycle, avec une émotion non feinte (la séquence finale est l’une des plus belles de la saga), à l’opposé de l’éternel recommencement des Avengers de Marvel. La mutation de la franchise Star Wars est donc enfin en marche. Seul l’avenir nous dira si c’est pour le meilleur ou pour le pire.

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Michaël Ghennam

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Critique disponible – avec celles de toutes les sorties des 18 & 25 décembre – dans le n°2183-84 des Fiches du cinéma.
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