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Festival De Rome à Paris, dix films inédits sur l’Italie d’aujourd’hui

Les 12e Rencontres du cinéma italien commencent ce vendredi au cinéma L’Arlequin. Un programme dense et excitant qui permet de prendre le pouls de la Botte. Et il bat fort.

« On va vous faire une offre que vous ne pourrez pas refuser… » Bon, on n’a pas vraiment les moyens d’un Parrain, mais on peut vous suggérer une immersion de cinq jours dans l’Italie d’aujourd’hui. Le cinéma L’Arlequin accueille jusqu’au mardi 17 décembre les 12e rencontres du cinéma italien, De Rome à Paris : dix films inédits en France avec présence massive des équipes de tournage. Quand on pense Italie, on pense peut-être printemps comme un certain Emmanuel Macron, mais on pense surtout pasta, mafia, football, famiglia… Eh bien, il en est question ici dans les films et documentaires présentés, mais tous ces thèmes sont abordés avec un pas de côté, et le menu est riche et varié. Saporoso in somma !

À tout seigneur tout honneur : de mafia, il sera question dans La Mafia non è più quella di una volta de Franco Maresco. Le réalisateur palermitain réunit, sous son oeil ironique, Letizia Battaglia, la photographe qui a raconté la guerre des mafias, et Ciccio Mira, organisateur de fêtes et jadis fervent défenseur de la mafia, à l’occasion des 25 ans de l’assassinat des juges Falcone et Borsellino. La mafia n’est-elle plus ce qu’elle était… ? Réponse dans la salle. Côté fiction, la pieuvre inspire des variations à Mario Martone dans Il Sindaco del Rione. Adaptation contemporaine de la pièce d’Eduardo De Filippo, le film est happé par le personnage d’Antonio Barracano, ambigü justicier.

Le foot est au cœur du premier long métrage de Leonardo D’Agostini, Il Campione. Un joueur talentueux mais rebelle, sorte de Cristiano Ronaldo italien, se voit flanqué d’un prof de philosophie chargé de l’aider à canaliser son imprévisible énergie. Et dans le rôle du prof : Stefano Accorsi (quand on vous dit que c’est une offre que vous ne pouvez pas refuser…). Et dans ce duo à la Totò et Peppino, l’élève va autant apporter au maître que ce dernier à son client.

Le monde du bling sert aussi de toile de fond à Bellissime, documentaire d’Elisa Amoruso aux airs de fiction tant il dépeint une vie d’artifice, où l’obsession de la beauté répond à celle de la célébrité. Celle de Cristina et ses trois filles mannequins, sorte de famille Kardashian de la Péninsule. La star de cette « foire aux vanités » plus vraie que nature s’appelle Giovanna, ancien bébé mannequin le mieux payé d’Italie.

À ne pas rater non plus : Il Varco, expérience docu-fictionnelle, très remarqué au dernier Festival de Venise. Le récit fictif d’un soldat italien pris dans les affres de la Seconde Guerre mondiale, sur le front soviétique, y est narré par des images d’archives.

On a très envie de voir l’histoire de Dafne, trentenaire exubérante atteinte de trisomie, qui après avoir perdu sa mère, entraîne son père dans une randonnée de redécouverte et retour à la vie. L’interprétation de Carolina Raspanti, elle-même atteinte du syndrome de Down, a l’air tout simplement bluffante.

Le film d’ouverture sera l’occasion de rencontrer notre Valeria Bruni Tedeschi nationale, héroïne d’Aspromonte, la terra degli ultimi, épopée qui signe le retour au sommet de Mimmo Calopresti. L’action se situe dans la Calabre des années 50, où un village oublié de tous décide de construire lui-même la route vers la grande ville.

Le programme complet et les bandes-annonces de tous les films sont à retrouver sur le site festivalromeaparis.com (lien : https://festivalderomeaparis.com/).

Allora, a presto, ci vediamo al cinema!