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Festival du cinéma allemand, une autre réalité

© Thomas Bartel / German Films
Ina Wiesse (réalisatrice de L’Audition, film d’ouverture du festival), Simone Baumann (directrice de German Films) et Nina Hoss (actrice principale de L’Audition)
© Thomas Bartel / German Films

La 24e édition du Festival s’est ouverte mercredi à Paris avec la projection de L’Audition, un portrait de femme intense portée par la magnétique Nina Hoss.

C’est un scandale, remettez le son du générique !” “Mais taisez-vous, passons aux questions !

Le Festival du cinéma allemand a commencé sur les chapeaux de roue (auf die Hüte der Räder?) ce mercredi soir dans la grande salle du cinéma L’Arlequin avec la projection de L’Audition (en salles le 6 novembre), le second film d’Ina Weisse. Un film sur “l’exigence, celle pour porter les gens qu’on aime au plus haut”, annonce la distributrice. Le portrait d’une professeure de violon très exigeante donc, avec son nouvel élève, son fils, son mari, son amant, et surtout elle-même. La réalisatrice en convient : l’interruption de la bande-son a laissé les plus mélomanes sur leur faim, mais la séance de questions-réponses est lancée. Du haut de sa blondeur, Nina Hoss happe les regards. Elle a appris le violon pour ce rôle, et avec l’instrument, cette “façon intuitive de se jeter dans l’interprétation, de prendre un risque pour obtenir la sonorité exacte”. Magnétique Nicole Kidman d’outre-Rhin, l’actrice phare du cinéma allemand porte le film, nourrit le personnage de son regard intense, de sa présence insaisissable face à un Simon Abkarian plus terrien dans le rôle du mari. Son interprétation a d’ailleurs été récompensée au dernier Festival de San Sebastian, fin septembre. Lors de cette soirée, on apprendra aussi au gré d’un quiproquos de traduction que les hommes allemands font pipi assis et que cela ne les dérange pas qu’on vienne leur parler en pleine séance… la salle est prise d’un fou rire, Nina Hoss et Ina Weiss se gondolent (avec grâce bien sûr). Ach so ! Le festival est lancé !

Cette gamme d’émotions contrastées est à l’image d’un cinéma allemand en pleine vitalité, à découvrir à Paris jusqu’au 8 octobre à L’Arlequin. Car derrière l’arbre Florian Henckel von Donnersmarck (L’Œuvre sans auteur), il y a une forêt à découvrir.

Au programme de cette 24e édition du festival, deux avant-premières : L’Affaire Collini de Marco Kreuzpainter, un film de procès et sur la parcours d’anciens nazis restés impunis ; Benni, portrait d’une enfant turbulente en lutte contre le système éducatif. La projection de Heimat, un espace dans le temps, l’œuvre fleuve de Thomas Heise, exploration de l’histoire nationale et de l’histoire intime d’une famille, celle de Heise.

Et aussi le délicieux Cléo, fantaisie peuplée de fantômes et d’illusions d’optique. Juste une femme, chronique d’un féminicide annoncé, lauréat du Prix du public au festival de Schwerin. Oray de Mehmet Akif Büyükatalay, Tout mon amour d’Edward Berger, 25 Km/h, une comédie à cyclomoteur de Markus Goller, Another Reality de Noël Dernesch et Olli Waldhauer, Fritzi, histoire d’une révolution de Ralf Kukula et Matthias Bruhn. Ainsi que des courts métrages, des séances spéciales avec les réalisateurs Caroline Link et Edward Berger, entre autres. Sans oublier un programme d’animations pour enfants, dimanche à 11 heures, et un focus sur l’actrice Luise Heyer, visage montant du cinéma allemand mis à l’honneur par le Goethe Institut.

Programme complet et infos pratiques ici : http://www.festivalcineallemand.com/