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Too Old To Die Young : Refn égal à lui-même

En programmant deux épisodes de Too Old To Die Young en hors compétition, Frémaux reprend le fil dune discussion entamée il y a des années, celle où, en programmant plusieurs films Netflix et deux séries, le festival avait tenté de digérer les changements majeurs survenus dans les rapports ciné / télé. Après la levée de boucliers créé par cette tentative, ces ambitions furent remises au placard. Et voilà que Frémaux, sans tant de fanfare que cela, un peu en dessous, remet timidement le couvert. Car Refn a beau se défendre de tout changement et proclamer qu’il s’agit d’un film de 12 heures, Too Old To Die Young reste, en tout cas d’un point de vue industriel, une série, et une série Amazon de surcroît.
Là où le cinéaste n’a pas tort, c’est dans le simple constat qu’il fait : Refn ne s’adapte en aucun cas à un autre médium. Sa patte de cinéaste est rigoureusement la même,  reprenant le créneau formulé par Drive et The Neon Demon, soit celui d’un cinéma américain repensé à l’échelle d’un fétichisme esthétique prononcé, voire mystique, où les lumières de LA se mêlent, se dissolvent dans dès schémas narratifs pulps et provocateurs. Too Old To Die Young, co écrit avec un célèbre scénariste de BD, touche un peu à la caricature de ce projet, à travers les pérégrinations d’un flic mutique et vaguement corrompu dans une ville à la perversion abstraite jusqu’à l’abstraction. La beauté violente du cinéaste est toujours là, son attrait aussi, mais avec un bémol : c’est peut-être la première fois que Refn est très précisément là où on l’attendait. Une page se tourne…