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Dogs don’t wear pants, Bondage bête

Désolé.

Compas méprisable de cette édition de la Quinzaine des Réalisateurs pourtant aussi radicale qu’empreinte de douceâtre empathie, Dogs don’t wear pants joue à merveille le rôle de l’idiot utile de sélection, crapoteux et malin. Soit, un récit ahurissant et révulsant où un veuf se prend de passion, jusqu’à l’énervement (au sens littéral et figuré) pour le BDSM, son corps devenant tombeau supplicié, puis médium qui porte en stigmate une résilience de carnaval. Rarement un film n’aura appuyé autant à côté de son sujet, à dessein, choisissant de faire de son héros un débile fini englué dans des rêts pâteux et vaguement subversifs, le tout dynamité par des séquences oniriques au comble de l’infamie, faisant s’entrechoquer le dédain charognard du réalisateur contre la vie de martyre (bien que fictionnelle, elle paraît, méritant donc bien plus d’égards) de son pauvre héraut. La femme aimée et morte devenue bout de chair, tout se résout dans le cuir et les brimades – dans un arsenal techno-punk au racolage presque criminel. Se jetant goulûment sur l’opprobre pour mieux vampiriser le spectateur-dominé (parce qu’il paye sa place, parce qu’il est tenu de tout voir, parce qu’il aime – sait-on jamais – cet univers et espère, fébrile, un soubresaut digne et post-mortem), le film se délie et finit par ne plus ressembler qu’à un fantasme de latex pré-pubère et proto-oedipien d’un dégoût certain, insoutenablement facile d’accès (degré pernicieux suprême: ni vraiment sanguinolent ni vraiment prude – deux eaux croupies). Si la fin du film essaye avec roublardise de recoller les morceaux de dignité du vase cassé, le souvenir douloureusement pathétique car vain de choquer fait écran au reste: derrière la résilience de façade, ne subsiste que la bêtise qui regarde s’écrouler le réel avant de l’édifier, et qui frappe sans entrer – délit flagrant d’empathie pour ce film en tout points sociopathe.