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Chambre 212 : la magie opère

Un an après la présentation de Plaire, aimer et courir vite en compétition, Christophe Honoré revient déjà en sélection officielle, cette fois dans la section Un Certain Regard, avec Chambre 212.

Maria, mariée à Richard depuis plus de 20 ans, brise régulièrement sa tendre routine dans les bras de jeunes amants, souvent choisis pour leur état civil. Le dernier en date, Asdrubal Electorat, lui envoie plusieurs messages sur lesquels tombe Richard, sonné d’apprendre l’infidélité de sa femme. « Tout le monde trompe tout le monde, c’est comme ça que les couples durent » dit-elle pour éviter le scandale et, surtout, les remords et la remise en question. Maria décide de s’échapper dans l’hôtel d’en face le temps d’une nuit. Une nuit qui lui fera rencontrer des figures du passé et des figures sacralisées, le tout pour mener une profonde introspection sur son mariage et sa vision de l’amour. D’une simplicité étonnante, le scénario, digne d’un vaudeville, fonctionne à merveille grâce à un rythme impeccable et à des dialogues incisifs récités par une galerie de personnages cabossés, qui évoluent dans un monde où réel et onirisme ne font plus qu’un. L’esthétique d’Honoré embrasse ce joyeux bordel sentimental, non sans quelques références – par exemple les couleurs de Jacques Demy, ou encore certaines scènes de 8 femmes de François Ozon – un héritage brillamment portée par Chiara Mastroianni, lumineuse dans son incarnation des tourments amoureux. Vincent Lacoste, Benjamin Biolay et Camille Cottin apportent une sensibilité et une mélancolie nécessaires à cette charmante allégorie poétique. Tourné rapidement entre deux immeubles du quartier Montparnasse, Chambre 212 aborde les éternelles questions de l’amour et du désir avec un charme fou.