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Entretien avec Gilles Perret : « Je ne peux filmer que les gens que j’aime »

Gilles Perret tourne des documentaires pour le cinéma et la télévision depuis bientôt vingt ans. Pourtant ce Savoyard discret reste peu connu du grand public. De mémoires d’ouvriers (2012), Les Jours heureux (2013), La Sociale (2016), pour ne citer que les plus récents : ses documentaires mettent au centre les sujets politiques et sociaux sans jamais perdre de vue les rencontres humaines. Son suivi de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon avec L’Insoumis (2018) lui avait valu des accusations de propagande et un refus de programmation de plusieurs exploitants. Le 3 avril dernier, son nouveau film J’veux du soleil, un road-trip à travers la France des Gilets Jaunes co-réalisé avec le reporter et député François Ruffin, est sorti en salles après une tournée d’avant-premières impressionnantes de bonne humeur. Un thé matinal dans un troquet parisien : l’occasion pour moi d’écouter se raconter ce cinéaste avant qu’il ne reparte dans ses montagnes natales. Avec son accent prononcé, sa douceur et son tempo calme, Gilles Perret contraste franchement avec le microcosme cinéma de la capitale. Moins exposé et sollicité que son acolyte amiénois, c’était une manière pour moi de lui donner un peu plus de lumière avec les moyens du bord, à savoir… le son cracra de mon téléphone.

Jonathan Trullard