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Sorties du 20 février 2019

Ces avis sont extraits des fiches parues dans le numéro 2140 des Fiches du Cinéma

Grâce à Dieu

de François Ozon


Abordant le thème de la pédophilie des prêtres en racontant la création de l’association lyonnaise La Parole libérée, Ozon s’essaie au film-dossier. Le résultat est inégal mais globalement juste, enlevé et doté d’une approche plus complexe qu’elle en a l’air.

 

Autres films à voir cette semaine

Amal 

de Mohamed Siam


Cette fresque intime à partir d’une matrice extime (six ans de la vie d’une jeune femme dans l’Egypte post-révolutionnaire) séduit par son élan vitaliste calqué sur celui de son héroïne, mais finit par être rattrapé par son programme édifiant.


​Les Aventures de Rita et Machin 

de Pon Kozutsumi et Jun Takagi


Dix petits films drôles et poétiques mettant en scène Rita avec sa robe à fleurs et ses cinq ans et son chien Machin. Une réussite totale.


​Baghdad Station

de Mohamed Jabarah Al-Daradji


2006. Dans la gare de la capitale irakienne, une femme ne sait plus si elle doit mettre à exécution son attentat-suicide. Malgré une idée de départ intéressante, Baghdad Station donne l’impression de circuler autour de son sujet sans jamais vraiment l’embrasser.


​Le Chant du loup 

de Antonin Baudry


Chargé de la surveillance acoustique des océans, un sous-officier infaillible se retrouve plongé dans une situation géopolitique incontrôlable. S’offrant un casting de choix, le premier long métrage d’Antonin Baudry se révèle d’une redoutable efficacité.


La Chute de l’empire américain 

de Denys Arcand


Livreur et docteur en philosophie, Pierre-Paul hérite d’une fortune pour avoir été le témoin d’un hold-up. Cette fortune va l’amener à faire des rencontres heureuses ou dangereuses. Et à réévaluer ses idéaux face au réel. Un polar politiquement décapant.


Destroyer 

de Karyn Kusama


Une inspectrice au bout du rouleau voit resurgir l’affaire qui a bouleversé sa vie. Karyn Kusama fait son grand retour au grand écran par la petite porte, avec un film noir ellroyien et friedkienien qui ne tient pas toutes ses promesses.


Euforia 

de Valeria Golino


Ettore souffre d’une tumeur au cerveau. Mais Matteo, son frère, lui dissimule son état… Voilà un film qui porte admirablement son titre en étendard, et qui substitue au cynisme empesé d’un récit de faux-semblants un regard tendre, en dépit d’un récit mal ficelé.


​Les Funérailles des roses 

de Toshio Matsumoto


Les férus de la Nouvelle Vague se jetteront sur cet émule japonais de la fin des années 1960 qui réinterprète le mythe d’Oedipe dans le milieu des travestis. C’est sensuel, poétique, drôle, tragique. Les distributeurs ont bien fait d’exhumer ces Funérailles.


​La Grande aventure Lego 2 

de Mike Mitchell


Deuxième volet, très « méta » une fois encore, des aventures d’Emmet & Cie, Legos « joués » par deux enfants. Ludique et théorique, le film raille ce dont, dans le même temps, il célèbre la vigueur : l’auto-citation ironique et systémique de la pop culture.


​La Liberté

de Guillaume Massart


Seule « prison ouverte » de France, le centre de Casabienda et ses détenus se dévoilent face à la caméra de Guillaume Massart. Un documentaire troublant qui, en explorant la notion de liberté, nous pousse à réinterroger notre propre vision de la détention.


​Les Moissonneurs 

de Etienne Kallos


Une famille bigote, un environnement hostile, un ado adopté qui s’immisce dans la vie du fils de la famille : Les Moissonneurs adopte le même point de vue doloriste et mollement emphatique de la tragédie en sourdine. Parfois beau, mais surtout inodore.


Paradise Beach 

de Xavier Durringer


Après avoir passé quinze ans en prison, un braqueur retrouve ses anciens complices, lesquels ont dépensé sa part du butin. Xavier Durringer réunit un casting impeccable dans un film noir à la fois classique et très contemporain, mais qui manque parfois de subtilité.


« Peu m’importe si l’Histoire nous considère comme des barbares » 

de Radu Jude


Radu Jude signe ici son plus beau film à ce jour, avec ce récit diffracté, d’une intelligence redoutable, autour d’une metteuse en scène qui voit son projet mémoriel (une représentation populaire du massacre d’Odessa) sans cesse dévoyé – engourdi et sublimé.


Rencontrer mon père 

de Alassane Diago


Alassane Diago rejoint son père au Gabon après que celui-ci l’a abandonné il y a plus de vingt ans. Le spectateur accompagne le réalisateur dans une quête troublante, de par l’impudicité qui la gouverne, mais qui est si assumée qu’elle en devient intrigante.