Rechercher du contenu

Les Funérailles des roses, chef-d’œuvre retrouvé de la Nouvelle vague japonaise

Les férus de la Nouvelle Vague se jetteront sur cet émule japonais de la fin des années 1960 qui réinterprète le mythe d’Œdipe dans le milieu des travestis. C’est sensuel, poétique, drôle, tragique. Les distributeurs ont bien fait d’exhumer ces Funérailles.


Le film commence avec une avalanche de sensualité : des plans très rapprochés de deux corps, un homme et une femme, qui se caressent, s’embrassent passionnément. Ce n’est que quand il se rhabillera qu’on comprendra qu’Eddie est un homme, une drag-queen qui refuse de devenir une “vraie femme”. Ce sera le personnage central de cet étonnant film qui nous vient tout droit du Japon de la fin des années 1960 et qui revisite en noir et blanc le mythe d’Œdipe dans le milieu interlope tokyoïte. Et quelle découverte ! Les Funérailles des roses est un petit chef-d’œuvre de la Nouvelle vague japonaise, absolument inclassable. Un drame ponctué de scènes comiques, où des geishas d’un nouveau genre fréquentent des hippies aux mœurs très libres, une succession de séquences intimes traversées de scènes fugaces qui racontent le Japon contestataire, où on cite Baudelaire, Andy Warhol et Jonas Mekas. Une romance rongée par la jalousie et la cruauté dont peuvent être victimes les travestis, rythmée par une bande-son expérimentale qui revisite des airs d’opéras en musique électronique. Il y a, aussi, un film dans le film, et une mise à distance, comme ce carton qui tout à coup interrompt le récit pour la commenter : “Quelle intrigue subtile et mystérieuse !”. La mise en scène, invente sans cesse, sans oublier son héroïne, Eddie, incarné par Peter, un travesti japonais qui confie face à la caméra que le personnage lui ressemble beaucoup – “sauf pour l’inceste”. Le documentaire se coule dans la fiction avec une facilité déconcertante. C’est comme si Toshio Matsumoto avait voulu tout mettre dans ce film. Et c’est passionnant !


S’abonner aux Fiches du Cinéma