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Sorties du 30 janvier 2019

Ces avis sont extraits du numéro 2137 des Fiches du Cinéma

Si Beale Street pouvait parler

de Barry Jenkins


Si Beale Street pouvait parler dépeint la violence de la condition afro-américaine dans les années 1970 à travers une sublime histoire d’amour. En choisissant d’adapter le roman de James Baldwin, Barry Jenkins lance un écho retentissant à l’actualité.

 

Autres films à voir cette semaine

L’Amour debout 

de Michaël Dacheux


Après la fin de leur histoire d’amour, Léa et Martin évoluent, séparés l’un de l’autre, à Paris. Présenté cette année à l’ACID à Cannes, ce premier film de Michaël Dacheux suscite presque un sentiment de malaise tant les scènes et les dialogues se succèdent grossièrement.


​Don’t Forget Me

de Ram Nehari


Dans l’effervescence tel-avivienne, l’instable Niel fait la rencontre de l’anorexique et désinvolte. Porté par deux acteurs remarquables, ce film pose un regard tantôt déchirant tantôt drôle sur l’amour et son élan salvateur vers la liberté.


​Les Estivants 

de Valeria Bruni Tedeschi


En passe de divorcer, Anna se réfugie auprès des siens dans une villa du bord de mer pour écrire son prochain film. Peu à peu, son désarroi fait resurgir celui des autres… ou naître des passades. Un film quasi choral qui manque curieusement d’émotion(s) !


L’Intervention 

de Fred Grivois


L’acte de naissance du GIGN (qui n’en porte pas encore le nom), envoyé gérer, à Djibouti, le détournement d’un bus scolaire. Un quart d’heure de fusillade carrée pour 80 minutes de psychologie bêta, de virilisme neu-neu et de violence pour le moins problématique.


Minuscule 2 

de Thomas Szabo et Hélène Giraud


Une coccinelle voit son enfant emporté accidentellement vers la Guadeloupe. Elle se lance à sa poursuite, laissant son amie fourmi prévenir leur complice l’araignée. Un émerveillement total, doublé d’un appel à l’ouverture à l’autre et à l’émancipation.


Pearl 

de Elsa Amiel


Ambitieux premier film à la lisière du documentaire, Pearl vaut bien plus pour le regard tendre et fort pertinent qu’il porte sur une relation mère-fils hypertrophiée que pour son accroche, sèche et un peu calculatrice, d’un milieu méconnu. Un joli premier essai.


​The Place 

de Paolo Genovese


Assis dans un coin d’un café, un homme, aux airs marmoréens, exauce les voeux de dix hommes et femmes ne se connaissant pas en l’échange de défis à relever. Peu à peu, doutes et convictions émergent. Une brillante revisitation du mythe de Faust.


P’tites histoires au clair de lune 

Film collectif


Si trois des quatre courts de ce programme atteignent leur cible, c’est bien le troisième, à la qualité visuelle, sonore et scénaristique douteuse, qui ruine l’effort autour d’un motif – la Lune – qu’un prologue poussif n’avait pas besoin d’expliciter.


Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? 

de Philippe de Chauveron


Cette fois les Verneuil veulent retenir leurs filles en France, le plus beau des pays. Ce chapelet de clichés convenus jusqu’à l’outrance chauvine et l’autosatisfaction d’une culture supérieure aux autres (surtout aux Africains) est en fait un film macronien.


Skate Kitchen 

de Crystal Moselle


Camille, une jeune skateuse, tente de trouver sa place loin d’une mère envahissante. Une très belle première fiction qui nous immerge dans la culture du skate et de ses communautés, toile de fond et métaphore de la transition de l’âge adolescent à la maturité.


Sorry to Bother You 

Boots Riley


Un jeune homme fauché aspire à devenir un roi du télémarketing pour avoir une vie meilleure. Malgré quelques longueurs, cette comédie noire et inventive, érigée en pamphlet anti-capitaliste par son auteur aux multiples casquettes, est une véritable surprise.


Ulysse & Mona 

de Sébastien Betbeder


De la rencontre entre une jeune étudiante et un artiste tombé en dépression… Le système Betbeder, fait de folie douce et de décalages discrets, tourne ici quelque peu à vide, l’auteur se retranchant semble-t-il dans une zone de confort dommageable.


Un grand voyage vers la nuit 

de Bi Gan


En Chine, Luo cherche Wan, disparue il y a douze ans… Déroutant, virtuose, magique, le nouveau film de Bi Gan comble les sens autant que l’esprit et retrouve, au cours de ce tendre et majestueux voyage entre rêve et souvenir, l’enfance foraine du cinéma.