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Si Beale Street pouvait parler

Si Beale Street pouvait parler dépeint la violence de la condition afro-américaine dans les années 1970 à travers une sublime histoire d’amour. En choisissant d’adapter le roman de James Baldwin, Barry Jenkins lance un écho retentissant à l’actualité.
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L’arrivée, il y a tout juste deux ans, de Donald Trump à la tête des États-Unis et les premiers bilans de son mandat semblent faire sortir les cinéastes d’un silence oppressant. La condition des minorités est plus que jamais traitée comme un sujet à part entière, de manière toujours plus directe. Révélé en 2016 par Moonlight, sacré meilleur film aux Oscars et adapté d’une pièce de théâtre, Barry Jenkins se base cette fois sur un roman de James Baldwin publié en 1974. Si Beale Street pouvait parler évoque, à travers l’histoire de Tish et Fonny, la ségrégation raciale dans l’Amérique des années 1970 et la corruption du système judiciaire qui en découle. Les pires crimes sont attribués aux citoyens afro-américains sur le simple motif de la haine de l’autre ; Fonny est ainsi accusé d’un viol qu’il n’a pas pu commettre par un agent de police qu’il avait osé défier. Jenkins filme l’injustice de la situation d’un point de vue unique, celui de Tish – posée en narratrice – et des deux familles, et ne pose alors aucun jugement sur l’implication de l’avocat ou d’une autre autorité dans le rétablissement de la vérité. Il proclame le triomphe de l’amour et l’assume, sans une once de mélodrame, en sublimant des personnages qu’il aime profondément grâce à une mise en scène teintée de lyrisme et à un dénouement des plus dignes. L’universalité de son propos place Barry Jenkins en défenseur de la cause afro-américaine, aujourd’hui encore menacée. Nommé aux prochains Golden Globes, Si Beale Street pouvait parler a tous les atouts pour connaître un aussi joli succès que Moonlight.

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Critique disponible – avec celles de toutes les sorties du 16 janvier – dans le n°2137 des Fiches du cinéma.

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