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Les portes sont ouvertes édito du Mensuel de janvier

Depuis plus de dix ans, à intervalles réguliers, parfois timidement, parfois à grands coups, les crises frappent à la porte des Fiches du Cinéma. Dehors, souffle le vent d’une époque qui voit se réduire, implacablement, les espaces de réflexion, d’échange, de liberté et d’indépendance. Jusqu’à présent, la méthode a toujours été la même: barricader les issues, souffler les bougies et s’arc-bouter contre la porte en espérant qu’elle tienne bon. Aujourd’hui, elle est devenue tellement fragile que nous préférons l’ouvrir en grand – et faire circuler l’air, l’énergie et les idées.

Cette période de grands changements a été une fois de plus l’occasion de voir à quel point la communauté des Fiches est soudée, et solidaire. Nous avons lu avec attention les nombreux retours de nos abonnés et de nos adhérents sur la nouvelle formule – entièrement numérique – que nous mettons en place pour la revue. Nous avons été touchés d’y lire votre attachement à nous suivre, non pas seulement pour notre exhaustivité, mais également pour la qualité de nos commentaires critiques, pour les entretiens réguliers que nous menons avec les cinéastes, bref pour ce que l’on pourrait appeler notre ligne éditoriale, qui consiste certes à rendre compte des presque 700 films sortant chaque année en France, mais surtout à vous aider à vous y retrouver dans cette multitude vertigineuse de propositions. Car c’est parce que nous voyons tous les films que nous avons une conscience aigüe de la profonde crise que traverse actuellement le Septième Art. Pour une sortie médiatisée, combien de films restés dans l’ombre, condamnés à ne rencontrer que quelques spectateurs en salle ?

De cette mission d’exhaustivité qui est notre marque de fabrique, nous tirons une grande responsabilité : mettre en lumière la diversité du cinéma, et notamment le travail colossal des producteurs, distributeurs et exploitants indépendants. C’est de la partie immergée de l’iceberg (invisible, mais largement majoritaire) que nous souhaitons rendre compte avant tout. Notre site internet sera le nouveau point de rendez-vous sur lequel nous continuerons d’étudier les rouages de la création cinématographique dans toute sa diversité. En plus de l’actualité, nous y développerons les rubriques qui nous tiennent à cœur depuis longtemps : portraits de professionnels, espace dédié à l’éducation à l’image pour le jeune public, tribunes, podcasts et vidéos… Les possibilités sont infinies. Nous avons ouvert les portes du numérique : la bicoque branlante qui grinçait sous les bourrasques se transforme en laboratoire ouvert et convivial.

Mais il ne faut pas s’y méprendre : le vent continue de souffler, et il faudra être nombreux pour se tenir chaud. Un journal a besoin de lecteurs, donc d’abonnés. Nous espérons être 1500 d’ici le mois de Mars, et 3000 d’ici la fin de l’année. Nous comptons donc sur vous pour être de l’aventure, et pour la relayer autour de vous. Nos vœux pour 2019 sont simples, et, nous l’imaginons si vous lisez ces lignes, exaucés d’avance : restez curieux, exigeants, humbles et passionnés. Que cette année 2019 soit pour vous la plus cinéphile et chaleureuse possible. Nous serons honorés, et heureux, de la traverser à vos côtés.