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Les sorties du 15 août 2018

Le film de la semaine

 

Ultra rêve, film collectif **

En trois courts métrages, ce programme relie trois univers singuliers, entre lesquels passent les fils (électriques) du lyrisme, du baroque et du romantisme. Un trip(tyque) étonnant à défaut d’être toujours digeste.

En regroupant ces trois films produits par Emmanuel Chaumet et tous présentés lors de séances spéciales à la Semaine de la critique en 2017 et 2018, Ultra rêve réunit sur une même affiche trois signatures très en vue : le duo Poggi & Vinel (Ours d’or du meilleur court métrage à Berlin en 2014 pour Tant qu’il nous reste des fusils à pompe), Y. Gonzalez (Les Rencontres d’après minuit, Un couteau dans le cœur) et B. Mandico (Les Garçons sauvages). Bien qu’étant tous passés au long (Jessica Forever de Poggi & Vinel arrive bientôt), ces auteurs ont en commun d’avoir eu une vraie carrière dans le court et d’avoir été activement soutenus par Les Cahiers du cinéma. La sortie de ce film est d’ailleurs accompagnée de la publication dans les Cahiers d’un bref manifeste, signé par les quatre cinéastes, et entendant donner un supplément de sens à la réunion de leurs films. On y lit par exemple : “Nous poursuivons un cinéma enflammé. […] Un cinéma qui jouit et se consume sans compter. ” De fait, même si l’univers de Poggi & Vinel est plus ancré socialement et moins tourné vers les genres et le vintage que ceux de Gonzalez et Mandico, ce qui court des uns aux autres, c’est effectivement une forme de néo-romantisme ardent, assumant le goût du lyrisme et une focalisation directe sur l’essentiel : l’amour, la beauté, la mort. Dans After School Knife Fight cela s’exprime avec tout le sérieux et le premier degré de l’adolescence, en évoluant sur la frontière du ridicule avec un certain courage. Plus décontracté et vaporeux, Les Îles est un rêve érotique mâtiné de cauchemar, traversé des mêmes élans sentimentaux. Ultra Pulpe, enfin, sorte de manifeste dans le manifeste, est un exercice d’accumulations référentielles un peu épuisant, mais dont l’élégance dandy ne laisse pas indifférent.
Nicolas Marcadé

 

 

LES AUTRES SORTIES DE LA SEMAINE

Capitaine Morten **
Un spectacle initiatique inventif en stop motion sur les valeurs du lien et de l’imaginaire.
G.To.

Destination Pékin *
Cette production sino-américaine semble n’avoir d’autre objectif que l’intronisation des firmes chinoises par les maîtres de l’animation grand public. En résulte un récit très verrouillé, dont les personnages peinent à exister.
Ch.R.

Equalizer 2 *
Avec ses méthodes toujours aussi musclées, le bon samaritain Robert McCall reprend du service dans cette suite insipide et superflue, qui gâche le talent de Denzel Washington tout autant que celui de Pedro Pascal. On a connu Antoine Fuqua plus inspiré.
Mi.G.

Il se passe quelque chose **
Malgré la fraîcheur de ses héroïnes, le film dévie de son sujet initial pour aborder, tardivement, et assez confusément, la figure du migrant.
V.V.

Le Monde est à toi *
Quelque part entre un vieux Guy Ritchie et une production Besson des années 2000, cette histoire de fils à maman embarqué dans un coup foireux, ressemble à un objet vintage qui essaierait de reprendre, comme si de rien n’était, sa place dans le présent.
N.M.

Sur la plage de Chesil ***
Pour son premier long métrage, l’homme de théâtre Dominic Cooke adapte le roman éponyme de Ian McEwan et livre un film solide malgré quelques longueurs. Une mise en scène soignée porte ce récit subtil sur les ravages du non-dit et du malentendu.
A.L.

Under the Tree ***
Un humour noir irrésistible.
G.To.

Une valse dans les allées ***
Un bien joli pas de danse, émouvant et poétique.
M.T.