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Ondes de choc Suisse - Collection de quatre épisodes - Diffusion Arte

Cet été, Arte a décidé de nous emmener du côté obscur avec quatre fictions inspirées de réels faits-divers, aussi singuliers que violents. Âmes sensibles, s’abstenir, ici, rien ne sera facile à regarder mais c’est tout l’intérêt.

 

La collection Ondes de choc porte bien son nom. Dans une Suisse qu’on imagine tranquille voire aseptisée, le surgissement de la violence est sans doute encore plus frappant. Ainsi, chacun des quatre réalisateurs a choisi de mettre en scène un fait-divers qu’il n’a jamais oublié.
 
Pour Ursula Meier, qui ouvre cette série avec Journal de ma tête, il s’agit d’un parricide. Avant de tuer ses parents sans raison apparente, un lycéen écrit sur son passage à l’acte et envoie son manuscrit à sa prof de français. C’est « un film de voix » confie la réalisatrice : le texte du manuscrit est en effet lu tour à tour, en voix-off, par son auteur-meurtrier, sa destinataire-enseignante et le juge d’instruction. Autant de points de vue qui ne peuvent cependant pas dire l’indicible ni expliquer l’inexplicable et laissent habilement le spectateur à son malaise.
 
Si la première partie de ce Journal de ma tête fait un peu trop dans le grandiloquent, la seconde permet aux acteurs de déployer leur talent : Fanny Ardant fend l’armure dans une scène bouleversante, tandis que Kacey Mottet Klein tient de bout en bout l’épaisseur de son mystère intérieur face à un Jean-Philippe Ecoffey en juge totalement perplexe.
 

Sirius (c) Bande à part Films

De son côté, Frédéric Mermoud (Les Revenants, Engrenages S6) traite d’un autre projet morbide, collectif cette fois, le suicide organisé d’une quarantaine de membres de la secte de l’Ordre du Temple solaire. Ce volet intitulé Sirius nous immerge parmi les adeptes, au plus près de leur « folie », dans une implacable mise en scène de la dernière fois…
 
Implacable destin aussi pour ce jeune voleur de voitures, fuyant la police par les montagnes enneigées, dans un épisode poignant, La vallée, réalisé par Jean-Stéphane Bron. Enfin, Prénom Mathieu de Lionel Baier évite soigneusement le voyeurisme et privilégie l’empathie pour son héros, miraculeusement vivant après avoir été violé et torturé par un tueur en série.

 
Les quatre réalisateurs suisses réunis au sein de leur société de production Bande à part Films ont choisi par hasard quatre héros adolescents, mais pas par hasard quatre acteurs incroyables. On peut aussi voir quatre saisons dans cette collection et surtout quatre mises en scène de l’intime et de l’infime qui ne cèdent ni à la complaisance ni à l’explication de texte.

Chaque épisode nous laisse face à nous-mêmes, au caractère universel du fait-divers, à ce qu’il interroge en nous. Et c’est une véritable onde de choc.


Ondes de choc : Journal de ma tête d’Ursula Meier ; Sirius de Frédéric Mermoud ; La vallée de Jean-Stéphane Bron ; Prénom Mathieu de Lionel Baier.

4 x 60’ sur Arte les 20 et 27 juillet, et en replay jusqu’au 3 août
www.arte.tv/fr/videos/RC-014247/ondes-de-choc/