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Les sorties du 18 juillet 2018

Le film de la semaine

 

The Guilty/strong> de Gustav Möller ***

Bloqué dans un central téléphonique d’urgence, un policier gère l’enlèvement d’une jeune mère de famille kidnappée. Traité en dialogues et sons créant des images chez le spectateur, ce thriller psychologique prenant va au-delà du simple exercice de style.

Pour son premier long métrage, le jeune réalisateur suédo-danois Gustav Möller s’essaie ici à un genre ambitieux et parfois périlleux : le huis clos. Mais, renouvelant l’exercice, il en fait une sorte de suspense auditif, l’action et les personnages n’étant visualisés dans l’imaginaire du spectateur que par les paroles et les sons entendus via le téléphone du protagoniste principal, quasiment seul à l’écran durant toute la durée du film. Tenue de bout en bout, la réalisation alterne les plans serrés sur le visage, l’oreille, le regard ou le corps du policier Asger avec des plans plus larges du central téléphonique. La mise en scène réussit ainsi, sans lasser, à accrocher l’œil autant que l’ouïe et à instaurer assez de tension et de progression dramatique pour que, in fine, le spectateur ait vraiment le sentiment d’avoir vu les événements du scénario, pourtant absents de l’écran. Si à mi-course on devine que les choses ne sont sans doute pas si simples qu’elles paraissent à Asger – car sinon comment expliquer qu’un infanticide, kidnappeur en cavale, laisse à sa victime la jouissance de son téléphone portable ? – et que vienne à l’esprit l’effroyable vérité, la suite du film, en insistant sur le stress et l’aveuglement du policier fragilisé par l’accusation dont il fait l’objet, justifie habilement ce qui pourrait passer pour une faiblesse d’écriture. Au-delà du tour de force que représente la mise en haleine par images mentales interposées, ce thriller original dont l’économie fait la force, est nourri d’arrière-plans psychologiques qui lui donnent chair et vie. Gustav Möller gagne sans conteste son pari et s’inscrit sur la liste des réalisateurs à suivre.
M.D.

 

 

LES AUTRES SORTIES DE LA SEMAINE

Ant-Man et la Guêpe **
Malgré ses allures de coffre à jouets géant, cette suite n’échappe pas au calibrage attendu d’une franchise où rien ne peut dépasser : les troubles optiques sont indésirables et les figurines pour enfants, placées sous le contrôle des parents.
C.Lê.

Break
Chronique à venir

Come As You Are **
Le festival de Sundance a salué cette immersion suffocante et réaliste dans un centre de conversion sexuelle pour homos. Finement écrites, jamais manichéennes, les mésaventures de la jeune Cameron donnent à voir une facette méconnue de l’Amérique.
I.B.

Fleuve noir *
Un flic au bout du rouleau et alcoolique enquête sur la disparition d’un adolescent du même âge que son fils. Interprètes masculins en surjeu mais aguerris, scénario glauque, ce polar serait regardable sans ennui n’était le twist final, franchement problématique.
M.D.

Ma reum
Chronique à venir

Maya l’abeille 2 **
Maya la petite abeille revient sur le grand écran avec ce récit coloré et rythmé, dans lequel elle devra surmonter en équipe les épreuves des Jeux du miel. Un joli film où les petits apprendront les déboires de la vie en communauté, à butiner en famille.
M.Q.

Mon tissu préféré *
Damas, 2011. La jeuen Nahla n’a qu’un rêve : partir. Mais son prétendant, qui vit aux États-Unis, lui préfère finalement sa sœur… Nahla se rapproche alors de sa voisine, qui tient une maison close. Un premier film intéressant mais pas totalement convaincant.
G.R.

Paul Sanchez est revenu ! **
Ce film paradoxal excelle et échoue à la fois : réflexion théorique intéressante sur l’emprise fictionnelle de nos vies et polar comique jamais drôle, le dernier film de Patricia Mazuy a la médiocrité chevillée au corps – jusque dans sa note médiane.
C.D.

Le Père d’Italia ***
Trentenaire solitaire, Paolo croise la route de Mia, une jeune femme enceinte livrée à elle-même. Ce road movie, classique sur la forme, convainc par son traitement sensible de la question de l’homoparentalité et du sentiment d’appartenance.
A.Jo.