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Les sorties du 13 juin 2018

Le film de la semaine

 

3 jours à Quiberon de Emily Atef ***

À travers une interview de 1981, la réalisatrice revisite le mythe de Romy Schneider. Incarnée par Marie Baümer, la plus grande star d’Europe apparaît inconsolable et joyeuse, lumineuse et sombre, fragile et forte. Un beau film nostalgique et cruel.

Tandis que le spectateur sait que Romy Schneider est, en 1981, à l’aube de sa disparition à 43 ans, l’année suivante, le 29 mai 1982, le film se déploie sur les trois jours durant lesquels a eu lieu une interview fleuve de l’actrice. Le noir et blanc magnifique (signé du chef opérateur Thomas Kiennast), l’atmosphère orageuse de la Bretagne et la force des quatre acteurs sont les atouts de ce film ambitieux qui parvient, dans ses meilleurs moments, à évoquer toutes les forces contraires cohabitant dans la personne de Romy Schneider. Marie Baümer, dont le sourire évoque irrésistiblement l’actrice, ne sombre jamais dans l’imitation, mais atteint une incroyable incarnation. À la fois respectueux du fil de l’interview, et basé sur 600 photos confiées par Lebeck (décédé en 2014) à la réalisatrice, le scénario recrée sa propre fiction, notamment à travers le personnage de Hilde, réinventé, même si une amie de Romy Schneider assista bel et bien à ces trois jours. S’il manque de punch dans sa deuxième partie, et semble répétitif et moins fouillé, 3 jours à Quiberon se termine sur un moment magique et apaisé, lorsque, quelques jours plus tard, Lebeck rend visite à la star, chez elle, à Paris, et la photographie en compagnie de sa fille Sarah. Ode à une femme plus qu’à une star, à une actrice adulée mais toujours identifiée à son rôle tenu à 16 ans dans Sissi, ce film, fait des ambivalences et montagnes russes d’une quadragénaire en pleine tourmente, est à la fois nostalgique et cruel. Il révèle aussi la violence des questions, intrusives et inacceptables, que les journalistes osaient (osent toujours ?) parfois poser à une célébrité.
I.D.

 

 

LES AUTRES SORTIES DE LA SEMAINE

Le Cercle littéraire de Guernesey **
Londres, 1946. Une écrivaine se rend à Guernesey pour rencontrer un cercle littéraire formé pendant la guerre. Adapté du roman épistolaire de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, le film, malgré un sujet intéressant, pèche par une narration trop expansive.
V.V.

Comment tuer sa mère
Chronique à venir

Désobéissance ***
Une trentenaire exilée revient au pays à la mort de son père, grand rabbin très respecté. Elle y revoit deux amis d’enfance, et trouble la paux de cette communauté très traditionnelle. Un drame sentimental d’une grande finesse et profondément bienveillant.
Mi.G.

Filles du feu ***
Filmé caméra à l’épaule, ce documentaire suit au plus près le quotidien des combattants du PKK. En choisissant le banal plutôt que le spectaculaire, le réalisateur Stéphane Breton (@Le Ciel dans un jardin) favorise l’émotion et les sensations sur le discours.
M.Q.

Hérédité **
La mort d’Ellen, matriarche des Graham, entraîne une succession de drames au terme desquels sa file Annie va découvrir qu’elle et les siens ont “hérité” d’une terrible malédiction. Un film de genre hésitant trop, sans jamais choisir, entre angoisse et horreur.
G.To.

Madame Fang ***
Madame Fang, malade, vit ses derniers instants. Sa famille est là, l’entourant et continuant à vivre. Wang Bing fait une nouvelle fois preuve de son don pour restituer l’ineffable. Avec ce film tendre, délicat, remarquable en tous points, il reste au sommet.
G.R.

Midnight Sun *
Katie et Charlie s’aiment, mais Katie est atteinte d’une maladie mortelle. C’est le point de départ de cette romance dramatique nigaude qui cherche à tirer les larmes des ados en égrenant une série de clichés au fil d’un scénario qu’on imagine écrit en trois jours.
M.Q.

Ocean’s 8 **
Debbie Ocean, experte en escroquerie, sort de prison et constitue une équipe pour volet un collier hors de prix, lors du gala du MET. Un spin-off fonctionnel, qui souffre d’une écriture trop sage mais reste toujours plaisant, notamment grâce à l’énergie d’Anne Hathaway.
Mi.G.

Pororoca ***
Alors qu’elle joue dans un parc non loin de son père et de son grand frère, Maria disparaît. Tandis que la police enquête, cet événement épouvantable érode peu à peu le couple. Une approche au scalpel, qui évite tout pathos d’un drame confinant au deuil.
G.To.

7 minuti ***
Porte-parole des déléguées du personnel, Bianca doit obtenir de ces dernières un vote : accepteront-elles de perdre 7 minutes sur leur pause pour “sauver” leur entreprise ? Un huis clos d’une vibrante actualité, porté par le charisme de ses interprètes.
G.To.

Sicilian Ghost Story **
En Sicile, un garçon de 13 ans disparaît. Personne n’en parle, sauf sa jeune amoureuse, qui le cherche jusque dans ses rêves. Après Salvo, Grassadonia et Piazza signent un film où le réel et l’imaginaire s’imbriquent de façon habile mais un peu théorique.
N.M.

Voyage en pleine conscience **
Le quotidien des moines et des nonnes du Village des Pruniers, où l’on enseigne le Dharma pour mieux appréhender le bonheur. Un éclairage intéressant sur des pratiques qui peuvent nous permettre d’aborder avec plus de sérénité des environnements stressants.
M.Q.

 


 

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