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Les sorties du 30 mai 2018

Le film de la semaine

 

Train de vies de Paul Vecchiali ***

En quelques plans fixes et un cadre unique, une femme voyage à travers ses désirs et ses émois en toute liberté. Tourné en deux temps et trois mouvements, un huis-clos ferroviaire om la vie se voit prise en filature.

Angélique voyage. En train toujours, ces choses dont on attend qu’elles partent et qui, selon Guillaume Apollinaire, roulent pendant que la vie s’écoule. Elle voyage beaucoup Angélique. Assez pour croiser, rencontrer ou retrouver toute sorte de personnes : Clarisse, sa meilleure amie, Olivier qui va devenir son mari avant de la laisser veuve, ses beaux-parents, un séducteur, un dragueur, un tombeur, une mystérieuse femme vêtue de noir, le visage couvert d’une voilette désuète… Ancienne danseuse, Angélique n’en continue pas moins, à travers ses relations avec les hommes, ce qu’elle en évoque avec plus ou moins de pudeur, de liberté, de danser sa vie. Bref, dans ce Train de vies, Angélique mène grand train, entend donner libre cours à ses désirs, à ses appétits et humeurs, entretient comme bon lui semble son commerce avec les hommes. C’est quoi un film ? Et bien c’est cela aussi, une succession de plans fixes, un cadre unique, quelques plans de coupe, des sons et des silences, une métaphore, aussi ancienne que l’humanité et qui spécule que la vie est un voyage, une manière particulière de regarder le monde, les êtres et les choses qui l’habitent. Et un parti pris ! Ici, aucune mise en œuvre du vieillissement supposé des personnages, ou à peine, alors que le film semble s’étaler, peu ou prou, sur une trentaine d’années. Une image en somme, l’image d’un personnage en liberté, entraîné, c’est bien le cas de le dire, dans la plénitude du vivant. Toutes choses qui rendent parfaitement anecdotique au fond qu’on l’aime un peu, beaucoup, à la folie ou pas du tout. C’est sans compter que chacun l’aura compris : de ce côté-ci du stylo, on l’aime beaucoup.
R.H.

 

 

LES AUTRES SORTIES DE LA SEMAINE

Demi-sœurs °
Demi-sœurs, demi film. Voilà une comédie qui manque cruellement de rythme et d’originalité, malgré un casting attrayant sur le papier. Surtout, le scénario, loin de renverser les clichés, se vautre dedans comme un cerf dans sa souille.
M.Q.

L’Extraordinaire voyage du fakir **
À la fois road movie, comédie romantique et drame social, cette adaptation d’un best-seller paru en 2013 remplit son contrat : divertir tout en pointant les absurdités du monde moderne, et en nous proposant de suivre l’étonnant d’un héros très attachant.
M.Q.

L’Homme dauphin **
1988. S’inspirant de la vie de Jacques Mayol, Le Grand bleu réalise des records d’entrées et devient un phénomène de société. Trente ans plus tard, Lefteris Charitos revient sur le destin du plongeur dans un documentaire aussi sympathique que bancal.
S.H.

Je vais mieux ***
Aucun thérapeuthe ne peut soulager Laurent d’un mal de dos dont l’origine est psychologique. Mais de son travail, de sa femme ou de sa famille, que doit-il changer pour aller mieux ? Une comédie réjouissante , servie par une pléiade d’acteurs talentueux.
M.T.

Mon ket
Chronique à venir

My Pure Land **
Restée seule avec sa mère et sa sœur, Nazo, Pakistanaise de 18 ans, doit défendre les terres familiales. Malgré sa narration complexe, ce premier long métrage de Sarmad Masud tire sa force de son esthétique poétique et de son propos féministe.
A.Jo.

Opération Beyrouth **
Dans le Liban du début des années 1980, un ancien diplomate affronte son passé pour sauver un ami. Un thriller “vintage”, tout en sobriété, qui bénéficie d’un scénario complexe et d’une belle prestation de Jon Hamm, mais souffre d’une mise en scène décevante.
Mi.G.

Retour à Bollène **
Avec sa compagne, Nassim revient à Bollène pour revoir sa famille. Il se heurte alors à un passé douloureux et à une ville qu’il peine à reconnaître. En décortiquant le prisme familial, Saïd Hamich signe un premier long métrage sensible et subtil.
S.H.

Les Rives du destin **
Samira tente de refaire sa vie à Téhéran, mais son ex-mari est prêt à tout pour l’en empêcher. Ce mélodrame assez poignant, d’une belle densité d’écriture, cède malheureusement, au dernier moment, à une facilité pathétique qui en gâche les effets.
C.D.

Les 7 déserteurs **
Avec ce film de guerre sans guerre, et sexuel sans sexe… Vecchiali habite joliment les vides d’un récit apocalyptique avec de belles réflexions libertaires narrées par des acteurs excellents, qui magnifient ce film mineu mais à la liberté vivifiante.
C.D.

Une année polaire ***
Un jeune enseignant part à Tiniteqilaaq, un village groenlandais de 80 habitanrs, et s’acclimate difficilement à ses us et coutumes. Cette chronique naturaliste et modeste nous immerge dans une culture dont il faut garder précieusement les traces.
V.V.