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Les sorties du 23 mai 2018

Le film de la semaine

 

Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête de Ilan Klipper **

Depuis le succès de son premier roman, Bruno, 50 ans, n’a plus rien publié et vit reclus. En dépit de quelques trous d’air, le premier long métrage d’Ilan Klipper compose une fantaisie séduisante, empreinte d’inquiétude et guettée par la folie douce.

Portrait d’un personnage prostré sur lui-même, pris dans les rêts de la dépression (profonde), guetté par la folie (douce) et ployant sous le poids d’un (bref) succès passé, celui d’un roman auquel il ne donna pas suite, le premier long métrage d’Ilan Klipper a pour lui l’abattage de son interprète principal, Laurent Poitrenaud, moins “amorphe” (amorphe, comme l’est la tique, capable de rester sans se nourrir des années durant, et qu’évoque Deleuze dans l’une des entrées de son Abécédaire, que regarde ici le personnage à la télévision) qu’agité mais qui, tel la tique toujours, “attend son heure”, et autour duquel le cinéaste a disposé une poignée de seconds rôles réjouissants (Camille Cottin, Maryline Canto…). Si ce joyeux foutoir, où se succèdent à toute berzingue (à plus forte raison dans le format ramassé du film – 1h17 au compteur) crises familiales (côté salon) et pauses séduction (côté cuisine), connaît quelques trous d’air et se repose un peu trop sur ses accents hystériques, il a le bon goût de consacrer in fine le don de son personnage. Transformer, ne serait-ce que pour soi, une visite médicale en rendez-vous galant, prendre un guet-apens (en l’espèce, une demande d’hospitalisation à la demande d’un tiers) pour une fête et, dans la foulée, faire du guet-apens une fête… n’est pas à la portée du premier venu. Klipper retrouve alors, quoique sur un mode plus léger, un peu du trouble de son dernier court en date, le très beau Juke-box (dans lequel brillait Christophe), dont il figure une variation où prévaut, envers et contre tout, une forme de bienveillance. Et rappelle que le lot de chacun est d’avoir en partage, plus encore que des liens amoureux, amicaux ou familiaux, une démence et une déprime plus ou moins latentes.
T.F.

 

 

LES AUTRES SORTIES DE LA SEMAINE

Bienvenue en Sicile ***
Brooklyn, 1943. Pour épouser la femme qu’il aime, un émigré italien participe au débarquement en Sicile. Sur une page peu connue de la Seconde Guerre mondiale, aux conséquences restées funestes, Pif trousse une comédie amère dans la pure tradition italienne.
G.To.

Le Cerveau des enfants **
Une armée d’experts fait l’état des lieux des divers moyens pour accéder au développement optimal du potentiel des enfants. Intéressant et utile, le documentaire se perd dans son propre discours, et laisse inévitablement le spectateur plus dubitatif que convaincu.
A.L.

La Fête des mères *
Marie-Castille Mention-Schaar a réuni une brochette de stars dans ce portrait choral de la maternité, qui souffre des défauts inhérents au genre : l’absence de rythme et l’impossibilité de s’attacher suffisamment aux personnages pour s’émouvoir de leur sort.
M.Q.

Frontières **
Les passagères d’un bus qui traverse l’Afrique de l’Ouest se confrontent à la corruption et au racket de la police ainsi qu’à la violence d’un monde individualiste. Répétitif et un peu didactique sur la forme, mais sincère et touchant sur le fond.
R.T.

Gueule d’ange
Chronique à venir

Manifesto **
Dadaïsme, futurisme, communisme… Compilant quelques grands manifestes du XXe siècle, le film conjugue les courants de pensée en un concept exaltant, mais à la nécessité incertaine. Demeure alors le talent d’une formidable Cate Blanchett.
S.H.

Mutafukaz **
Angelino, loser patenté, vit à Dark Meat City avec son ami Vinz. Suite à un accident, il a d’étranges hallucinations. Et qui sont ces hommes en noir qui le suivent ? Un film visuellement réussi et amusant, qui pâtit d’un récit trop rapide et explicatif.
G.R.

Quiet People ***
À Zagreb, le quotidien d’Ivo et Maja bascule après l’agression de leurs fils Tomica. Sans user de grands sentiments, le cinquième long métrage du réalisateur croate Ognjen Svilici révèle dans l’imperceptible une puissante charge dramatique.
A.Jo.

Solo *
Les jeunes années d’un futur contrebandier de l’espace : Han Solo. Loin d’être le naufrage annoncé, une œuvre d’une grande paresse visuelle et d’écriture, sans oublier des personnages inconsistants. On est loin de la surprise qu’était Rogue One.