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Bilan Séries Mania 2018, le Palmarès & nos coups de coeur Episode 1 : des femmes d'honneur

Cette première édition lilloise de Séries Mania peut s’enorgueillir de son succès : plus de 55 000 spectateurs ont assisté aux projections des 83 séries venues du monde entier. Un panorama qui, comme le Palmarès, rend compte de l’air du temps.

S’il est un peu tôt pour dire que les séries font directement écho aux mouvements Time’s up et #MeToo (1), cette édition a fait la part belle aux femmes.
On se réjouit de voir qu’elles ne s’affirment plus seulement dans un rôle de flic, même si c’est encore le cas pour Anne Charrier (Meilleure actrice de la Compétition française dans la très classique Maman a tort, le 23 mai sur France 2) et pour Emmanuelle Seigner (dans Insoupçonnable, la discutable adaptation de The Fall, bientôt sur TF1).

 

Ainsi, le Prix du public est allé à l’excellente The Marvelous Mrs Maisel (diffusée sur Amazon Prime Video, photo ci-dessous) ou comment, dans les années 50, une épouse et mère « parfaite » se découvre un talent de comédienne de stand-up et prend ainsi le contrôle de sa vie, avec l’humour comme arme imbattable.

 

 

Du côté de la Compétition officielle, le jury (2) a élu Meilleure actrice la russe Anna Mikhalkova qui campe avec toute l’ambiguïté nécessaire, An Ordinary Woman : une fleuriste, mère de famille et… mère maquerelle à ses heures. Encore en tournage, on n’a pu voir qu’un seul épisode de cette série. Elle témoigne certes de la récente vivacité de la création russe, mais sa seule audace semble se résumer à faire jouer une double vie à un personnage féminin (un scénario rebattu côté masculin, de Dexter à Walter White).

 

On lui a préféré les avocates de mère en filles de The Split (photo en ouverture), une série de la BBC inédite en France, curieusement absente du Palmarès. Crée par Abi Morgan (River), cette histoire ne brille pas par son originalité mais elle est solidement écrite, mêlant habilement humour et émotion dans sa description des rapports familiaux, du point de vue des femmes. Et Nicola Walker (Unforgotten) y est aussi méconnaissable que formidable.

Autre série britannique portée par un personnage féminin au caractère bien trempé, Kiri (Channel 4, inédite en France) a été distinguée par les blogueurs, Prix du panorama international. Ce portrait d’une courageuse assistante sociale, au cœur d’une histoire d’adoption qui tourne mal, est un bon drame qu’on qualifierait facilement de « à la Ken Loach », porté par la toujours impeccable Sarah Lancashire (Happy Valley).

 

 

On reproche à la création française de ne pas faire assez dans ce genre drame social, or il est bien représenté cette année par Aux animaux la guerre (bientôt sur France 3 qui pour une fois nous épargne ses polars sur fond d’arrière pays). Cette série adaptée du roman éponyme, par l’auteur Nicolas Mathieu, secondé par Alain Tasma (également à la – belle – réalisation), nous emmène dans les Vosges où la désindustrialisation fait des ravages.

Malgré quelques maladresses – notamment des choix musicaux dignes de radio Nostalgie pour spécifier les personnages – on se laisse prendre par les destins croisés de ces héros ordinaires, incarnés par un excellent casting. Outre Roschdy Zem (sacré Meilleur acteur de la Compétition française ex-aequo) en syndicaliste qui cumule les petits boulots pour payer la maison de retraite de sa mère (Danni, étonnante) et la très juste Olivia Bonamy qui doit assumer l’ingrate mission d’inspectrice du travail, une mention spéciale pour Florent Dorizon, acteur débutant, en bourrin bodybuildé.

 

Lire la suite : Episode 2 – Des dystopies, comme s’il en pleuvait

 


(1) Mouvements contre le harcèlement sexuel, initiés en 2018 par des actrices américaines après l’affaire Weinstein.
(2) Le jury de la Compétition officielle était composé de : Chris Brancato, Pierre Lemaitre, Maria Feldman, Clovis Cornillac, Maria Schrader. Le jury de la Compétition française était composé de journalistes de la Presse étrangère.

Séries Mania 2018 :

Palmarès Compétition officielle

Grand Prix : On the Spectrum de Dana Idisis et Yuval Shafferman (Israël 2018, 12 x 28′, inédite en France)

Prix spécial du jury : Il Miracolo de Niccolo Ammaniti (Italie, France 2018, 8 x 50′, bientôt sur Arte)

Meilleure actrice : Anna Mikhalkova dans An Ordinary Woman de Valery Fedorovich et Evgeny Nikishov (Russie 2018, 8 x 50′, inédite en France)

Meilleur acteur : Tommaso Ragno dans Il Miracolo

Palmarès Compétition française

Meilleure série : Ad Vitam de Thomas Cailley et Sébastien Mounier (France 2018, 6 x 52′, bientôt sur Arte)

Meilleure actrice : Anne Charrier dans Maman a tort de Véronique Lecharpy, adaptée de l’oeuvre de Michel Bussi (France 2018, 6 x 52′, à partir du 23 mai 2018 sur France 2)

Meilleurs acteurs ex-aequo : Roschdy Zem dans Aux animaux la guerre de Nicolas Mathieu et Alain Tasma (France 2018, 6 x 52′, bientôt sur France 3) – Bryan Marciano dans Vingt-cinq de Bryan Marciano (France 2018, 12 x 25′, bientôt sur OCS)

Prix du public

The Marvelous Mrs Maisel d’Amy Sherman-Palladino (États-Unis 2017, 10 x 60′, diffusée sur Amazon Prime Video)

Panorama international des blogueurs

Kiri de Jack Thorne (Royaume-Uni 2018, 4 x 60′, inédite en France)

Compétition formats-courts

Prix du jury : First Love d’Adi Tishrai (France, États-Unis 2018, 10 x 10′, diffusée sur Blackpills)

https://seriesmania.com/fr