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Les sorties du 20 décembre 2017

Le film de la semaine

 

The Florida Project de Sean Baker ***

À l’ombre d’un parc d’attractions mondialement célèbre, Moonee et sa mère tentent de survivre au quotidien. En jouant en virtuose avec ce contraste géographique, le nouveau film de Sean Baker (Tangerine) est à la fois joyeux, effronté et déchirant.

Le long de l’autoroute qui mène au Disneyworld d’Orlando, en harmonie avec les promesses d’émerveillement, les motels sont peints avec des couleurs pimpantes. C’est dans un établissement au violet princier que vivent Moonee et sa mère, Halley. Loin d’abriter les touristes en transit, les chambres sont occupées par une population en situation précaire. Le gérant, Bobby (Willem Dafoe, dans un emploi inédit), veille sur cette humanité déclassée, même s’il est la première victime des mauvais coups perpétrés par la bande de Moonee. Les enfants transforment cette zone commerciale, submergée par les bruits de circulation et l’incessante rotation des hélicoptères, en terrain de jeu. Avec sa mère, Moonee joue à vendre des imitations de parfum aux clients du golf voisin. Car chaque semaine, il faut payer la chambre. Malgré l’attitude compréhensive de Bobby, l’argent est de plus en plus difficile à trouver, les arnaques finissent par mal tourner. Le film épouse l’entrain de sa jeune héroïne, mais il ne se cantonne pas à rester à sa hauteur. De temps en temps, il élargit le champ de l’intrigue, laissant apparaître des notations plus sinistres. Le jeu de “selfie bikini” auquel se livrent Moonee et sa mère donne lieu à une séquence exubérante, jusqu’à ce que l’on comprenne quel usage Halley fera de ces photos. Plus le film avance d’un pas guilleret, plus la situation d’Halley s’assombrit. Et c’est à partir du moment où ses liens avec la communauté se disjoignent que la jeune femme perd pied. Auteur de @Tangerine, Sean Baker livre ici un film plus compact, qui joue certes sur une seule note, mais dont il contrôle parfaitement les modulations et variations. Soutenu par une interprétation remarquable, The Florida Project s’achève sur une conclusion bouleversante.
J.C.

 

 

LES AUTRES SORTIES DE LA SEMAINE

A Ghost Story **
Cette fable arty sur les déambulations d’un fantôme dissimulé sous un simple drap blanc procure un sentiment paradoxal. Avec ce film dilaté, tantôt agaçant, tantôt sidérant, David Lowery aurait gagné à enrichir sa belle idée de départ.
C.Lê.

Ferdinand ***
Le réalisateur star des studios Blue Sky revient avec le formidable @Ferdinand, fable drôle, touchante et anti-corrida qui devrait sensibiliser les plus jeunes à ce qu’ils mangent. Ce sympathique taureau, généreux et courageux, nous fait un effet bœuf.
M.Q.

Garde alternée *
Une femme trompée propose à sa rivale la garde alternée de son mari, le reléguant au statut d’homme-objet ridiculisé. Une comédie de boulevard cruelle, lourde, interminable, jamais crédible mais parfois drôle grâce à une Valérie Bonneton déchaînée.
M.B.

Jumanji : Bienvenue dans la jungle **
Plus de vingt ans après le film culte et générationnel de Joe Johnston, une suite qui reprend les codes du cinéma d’aventure en y intégrant avec dérision ceux du jeu vidéo. Un honnête divertissement qui doit beaucoup à la présence de ses interprètes.
R.T.

Lac noir **
Atteint d’une maladie incurable, Bruno recherche un lac lié à son enfance. Camille et Madanie le rejoignent, tandis que des gens qui l’ont croisé en brossent un souvenir contrasté. Un essai beau et brillant, mais un peu distant côté sentiment.
G.To.

Menina **
Née en France, Luisa Palmeira refuse obstinément ses origines portugaises et tente de grandir entre un père mourant, une mère inapte à aimer et un frère complice. Un récit autobiographique rappelant que la migration est rarement un choix et un plaisir.
G.To.

Le Portrait interdit ***
Situé dans la Cité Interdite, peu avant la dissolution de la Compagnie de Jésus, ce récit de l’attirance entre un jésuite et une impératrice, prisonniers du carcan de leur conditions, mêle plaisamment faits historiques et tourments romanesques.
M.D.

La Promesse de l’aube ***
Adaptation sage mais réussie du roman de Romain Gary, racontant sa vie, de sa jeunesse en Pologne à la mort de sa mère en 1943. Ou comment l’amour, la volonté, les rêves et les libertés de celle-ci avec la réalité ont façonné un écrivain majeur du XXe siècle.
G.To.

Tout là-haut
Chronique à venir

Wonder **
Caché sous son casque de cosmonaute, le petit Auggie, atteint d’une malformation au visage, craint l’inévitable confrontation avec le monde extérieur. Peu de surprises, beaucoup de bons sentiments. Si c’est ce que l’on recherche, on y trouvera son compte.
J.L.