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Les sorties du 13 décembre 2017

Le film de la semaine

 

Star Wars : Les Derniers Jedi de Rian Johnson ***

Alors que Rey a retrouvé Luke Skywalker, la Résistance est traquée par le Premier Ordre du Leader Suprême Snoke. Dans les mains du brillant Rian Johnson, ce huitième épisode est une ambitieuse épopée spatiale sur fond de réflexion sur la fatalité.

En 2015, Le Réveil de la Force insufflait de la vie dans une mythologie figée dans le marbre. Les Derniers Jedi avait l’impératif de faire prospérer cette vie, et de ne pas simplement camper sur les acquis du film de J.J. Abrams. Entre les mains de Rian Johnson, auteur des remarqués Brick et Looper, cette suite très attendue répond vaillamment aux attentes. Vaillamment, car Johnson ne choisit pas la voie royale – celle qui aurait fait des Derniers Jedi, de par son statut d’épisode central de la nouvelle trilogie, un simili-Empire contre-attaque – et prend la décision de raconter l’histoire que lui, cinéaste et fan de la saga, aimerait se voir raconter. Une histoire faite de surprises, où le plaisir de la découverte prône. Le réalisateur introduit ainsi de nouveaux personnages (interprétés par Kelly Marie Tran et Laura Dern) aux côtés des anciens “nouveaux”, qui font désormais partie intégrante du récit et dont le statut a changé (Poe est monté en grade, Finn est considéré comme un héros de guerre). Johnson a surtout retenu que le passage de témoin entre générations avait été effectué par Abrams : respectant l’œuvre de son prédécesseur sans brider son inspiration, il tourne Les Derniers Jedi vers l’avenir et l’inconnu. Tout comme, dans Looper, le vieux Joe (Bruce Willis) refusait la fatalité de son destin, les protagonistes tournent le dos, ou apprennent à tourner le dos, au passé et à aller de l’avant, à la manière de cette trilogie s’écrivant par étapes, laissant planer le mystère et transpirer l’émotion. Et, revenu au centre du récit, Mark Hamill livre une composition hors norme : le fougueux chevalier Jedi, devenu ermite terrassé par les conséquences de ses actes, incarne à lui seul la complexité de l’œuvre développée par Johnson.
Mi.G.

 

 

LES AUTRES SORTIES DE LA SEMAINE

Les Bienheureux ***
Alger, 2008. Quelques années après la guerre civile, deux générations tentent toujours de se reconstruire. Un premier long métrage intense et courageux sur tous les deuils impossibles : de l’avenir et de la fidélité à soi-même, des idéaux et des hommes.
I.D.

Closet Monster *
En appliquant mot pour mot la formule du parfait “Xavier Dolan starter pack” pour festivalier (allant même jusqu’à reprendre l’un des frères Schneider en amant fantasmé), Stephen Dunn, jeune Canadien de 28 ans, signe un premier film sans identité.
C.Lê.

Le Crime de l’Orient Express **
Un détective hors du commun, un meurtre à bord d’un train de luxe, douze passagers suspects : le plus célèbre roman d’Agatha Christie avec Hercule Poirot retrouve le chemin des écrans dans cette adaptation soignée mais trop sage de Kenneth Branagh.
Mi.G.

La Deuxième étoile °
Huit ans après, Jean-Gabriel veut emmener sa famille à la montagne pour Noël. Lucien Jean-Baptiste ne retrouve pas l’efficacité et le ton chaleureux de @La Première étoile. Il s’éparpille sans grâce dans une surenchère de gags qui tombent tous à plat. Dommage !
M.B.

Drôles de petites bêtes ***
La guêpe Huguette profite de l’arrivée du grillon Apollon pour fomenter un complot contre sa cousine Marguerite, reine des abeilles, et le faire accuser. Un conte alliant un fond d’une belle intelligence et une forme d’une douceur bienfaisante.
G.To.

Enseignez à vivre ! **
Un voyage étonnant, détonnant et enthousiasmant dans cinq établissements publics enseignant l’art de vivre selon Edgar Morin. Une méthode alternative associant le désir et l’expérimentation, et où l’intérêt de l’enfant prime. Pour conserver l’espoir.
G.To.

La Fiancée du désert **
Teresa, 54 ans, est coincée dans le désert argentin en compagnie d’un excentrique Gringo cajoleur. Capsule mélancolique dans le trajet d’une femme solitaire, le film, bien que magnifique par instants, souffre d’un clair manque d’audace.
C.Lê.

Girls Trip *
Des amies de l’université, qui se sont perdues de vue, décident de se retrouver autour d’un week-end de folie où le pire et le meilleur vont cohabiter. Un film dans la veine de Very Bad Trip, qui, en jouant de nombreux clichés, finit par s’essouffler.
D.C.

L’Intrusa **
Giovanna, une éducatrice pour enfant à Naples, voit sa vie bouleversée quand Maria, une femme de mafieux, s’installe dans son centre avec sa fille. Un film doux-amer, simple et beau, où la Camorra est hors-champ mais l’humanité plein cadre.
C.D.

Lucky ***
Cow-boy solitaire, Lucky est terrassé par l’idée de son propre vieillissement. Dernier rôle de Harry Dean Stanton, et premier film pour John Carroll Lynch, ce beau portrait, mi-fictif, mi-biographique, édlivre une réflexion douce-amère sur la finitude humaine.
V.V.

Maria by Callas ***
Ce documentaire vibrant d’amour s’attache à révéler la femme derrière le mythe de la plus grande diva du XXe siècle. De savoureuses archives composent ce travail classique, assez peu cinématographique, mais intéressant.
Ch.R.

Mariana **
Dans la bourgeoisie chilienne, une quadragénaire s’éprend de son professeur d’équitation, accusé d’exactions sous Pinochet. Derrière le portrait d’une femme qui refuse le joug des hommes, un film trop sage et schématique pour transcender son sujet.
R.T.

Soleil battant **
En vacances au Portugal, la jeune Emma découvre un lourd secret de famille qu’elle ne peut partager avec sa jumelle Zoé. Les sœurs Laperrousaz signent le portrait sensible et lumineux, mais par endroits maladroit, d’une famille en reconstruction.
S.H.

L’Usine de rien ***
Leur usine ayant commencé à être délocalisée clandestinement, des ouvriers en prennent possession et cherchent un mode d’organisation. Un film-laboratoire qui, avec des hauts et des bas, invente vaillamment une pensée et une forme.
N.M.