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Plutôt deux fois qu’une L'aventure du papier

Avant l’arrivée de l’inaltérable Annuel, nous éditons conjointement ce mois-ci deux nouveaux ouvrages. L’un est la troisième livraison de notre best of de fin d’année, sorte de complément subjectif et ludique à l’Annuel. L’autre constitue pour nous une expérience inédite d’ouvrage collectif et thématique, fait de longs textes et totalement indépendant de l’actualité des sorties. Ce livre, que nous envisageons comme le premier d’une nouvelle collection, est consacré aux blockbusters. Dans ces deux ouvrages nous faisons de la pluralité de nos regards la clé de notre singularité. Dans le best of la diversité des goûts, qui est non seulement tolérée mais cultivée à la rédaction des Fiches, permet, au gré des coups de cœur des uns et des autres, un vagabondage aventureux à travers les sorties de l’année, sans suivre d’itinéraire fléché, sans négliger ni les grands axes ni les chemins escarpés. Dans Les Sortilèges du blockbuster, nous explorons un phénomène populaire en essayant de tester toutes les entrées possibles pour en observer à la fois les beautés et les ombres, sans le prendre de haut ni rester au ras d’une fascination un peu béate. Dans l’un comme dans l’autre nous avons voulu tenir fermement la ligne d’une pensée indépendante, curieuse, n’opposant jamais un type de cinéma à un autre, mais seulement les bons films aux mauvais.

Par ailleurs, pour nous, outre le fait d’être une démarche de plaisir, sortir simultanément ces deux ouvrages, imprimés sur papier et gorgés de pure cinéphilie, est aussi un acte militant. C’est-à-dire que c’est une façon d’affirmer notre envie de croire, en dépit d’indices économiques pouvant inciter à baisser les bras, que nous ne sommes pas les seuls à aimer encore “ça” : les films, les livres, la pensée, etc. La situation de la presse, de l’édition, et en particulier dans le secteur du cinéma, étant ce qu’elle est, il ne faut pas trop s’illusionner sur le fait que les difficultés économiques qui sont les nôtres, mais aussi celles d’une majorité de nos confrères, puissent n’être que de simples “mauvaises passes”. Aujourd’hui, pour nous comme pour les autres, continuer à oeuvrer dans ces domaines en crise (l’édition de livres, la presse culturelle, la critique de cinéma…), c’est nager contre le courant et donc être “par définition” en difficulté. En d’autres termes, moins fatalistes, c’est être en lutte. C’est ne pas être victimes de difficultés, mais faire consciemment le choix de la difficulté, pour ne pas renoncer à des choses qui socialement ont perdu de la valeur, mais qui intimement, pour nous, continuent à ne pas avoir de prix. Nous suivre dans cette démarche, c’est donc aussi un acte militant. Car c’est une façon de défendre avec nous le même pré carré : celui où il est possible de préférer les courants de pensée aux flux d’informations, le goût aux algorithmes et les passions minoritaires aux distractions majoritaires.


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