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Les sorties du 29 novembre 2017

Le film de la semaine

 

La Villa de Robert Guédiguian ****

Guédiguian retrouve “son” Estaque, “ses” comédiens et ses thèmes de prédilection. Mais insensiblement, il a évolué depuis La Ville est tranquille : une mélancolie tendre et apaisée a remplacé le désespoir. Et c’est toujours aussi fort, émouvant et beau.

Depuis Les Neiges du Kilimandjaro (2011), la noirceur quasi désespérée qui avait marqué La Ville est tranquille (2001) semble avoir quitté l’univers de Guédiguian. Dans ce vingtième opus, il retrouve Marseille, “son” Estaque dont il a si souvent chanté la spécificité et la richesse populaires. On est ici un peu plus à l’ouest, au cœur de la calanque de Méjean, minuscule refuge au “décor mélancolique et beau”, écrit Guédiguian, qu’il a filmée avec amour, respectant, utilisant et magnifiant les lieux : le bistrot-restaurant Le Mange Tout domine bel et bien le site du port. “Mélancolique et beau”, tel est aussi ce film, où l’on retrouve l’humanisme chaleureux et la profonde générosité qui marquent même ses œuvres les plus sombres, On est donc en terrain connu, et pourtant rien n’est tout à fait comme dans les autres Guédiguian. Ses acteurs fétiches (ils sont une fois encore tous remarquables) ont vieilli avec lui, et leurs personnages avec eux. Avec nous : une réminiscence de Ki lo sa ? (1985) nous les montre, trente ans en amont… La colère face aux injustices est devenue rampante, la question si cruciale des réfugiés est vue, à partir des trois gamins, formidables, sans aucun pathos mais avec une évidente simplicité et côtoie comme naturellement une superbe ode à l’art théâtral portée par A. Ascaride et… le P. Claudel de L’Échange. La solidarité renoue avec le cercle familial, la nature ne meurt pas, l’espérance revit… Comme dans Les Neiges du Kilimandjaro, le Victor Hugo des Pauvres gens est l’ange tutélaire de ce film imprégné de tendresse. N’en déplaise une fois encore à Gide, les “bons sentiments” peuvent donner de grandes et belles œuvres !
Ch.B.

 

 

LES AUTRES SORTIES DE LA SEMAINE

Bad Moms 2 **
Les scénaristes de @Very Bad Trip retrouvent les actrices de @Bad Moms pour une suite qui satisfait aux poncifs du film de Noël mais réserve plusieurs séquences de pure comédie. Entre morale américaine et humour trash, le film devrait trouver son public.
M.Q.

Le Bonhomme de neige
Chronique à venir

C’est tout pour moi **
La comédienne Nawell Madani, révélée grâce au stand-up, s’est inspirée de sa propre vie pour créer le personnage de Lila, aussi vitaminée qu’attachante. La fraîcheur et la sincérité du film en estompent les quelques défauts.
A.D.

Coco **
Propulsé dans le “monde des ancêtres”, un gamin découvre ses origines. On retrouve la touche Pixar dans le pari audacieux (et en grande partie tenu) de faire un film pour enfants sur la mort, mais moins dans la manière, finalement plus “disneyienne”.
N.M.

12 jours ***
Présenté au 70e festival de Cannes, ce documentaire intense d’un maître du genre, à la croisée du judiciaire et du psychiatrique, est un bouleversant témoignage de la souffrance psychique qui interroge tout un chacun sur ses propres failles et limites.
M.D.

Éditeur ***
Pourquoi les uns éditent et les autres écrivent ? De ce questionnement, l’éditeur Paul Otchakovsky-Laurens tire un documentaire hybride où se croisent itinéraire personnel et scènes de fiction. Une réflexion subtile sur les fondements d’un métier-passion.
A.Jo.

The Long Excuse **
Deux maris japonais de culture différentes doivent faire face à la mort accidentelle de leurs femmes. D’une douceur infinie, le film choisit la voie de l’harmonie et de l’exploration subtile du deuil, mais s’essouffle par manque de matériau lyrique.
C.D.

Les Moomins attendent Noël **
Tirés de leur sommeil hivernal, Moomin et ses parents s’initient pour la première fois à la magie de Noël. Cette nouvelle aventure des gentils trolls finlandais aux allures d’hippopotames mêle efficacement animation rétro et valeurs humanistes.
C.L.

Muse
Chronique à venir

Plonger *
Ancien reporter de guerre, César quitte le confort de son foyer pour enquêter sur la disparition de sa femme, Paz, photographe. Démesurément intense, le film livre une vision attendue et réductrice de l’art et des relations amoureuses passionnelles.
A.Jo.

Problemski Hotel *
Des migrants errent dans un immeuble désaffecté de Bruxelles. Le film se voudrait certainement être une œuvre édifiante sur la réalité migratoire, mais il n’est qu’un excercice de style misanthropique et cynique, aux trop fugaces instants d’humanité.
C.D.

La Promesse **
Alors que l’Empire ottoman entre en guerre, un jeune Arménien tombe amoureux. L’Histoire le rattrapera. Malgré ses ficelles hollywoodiennes, le film évoque avec un sobre classicisme l’horreur du génocide arménien.
I.B.

Rey **
L’histoire du Français Orélie-Antoine de Tournens qui, au XIXe siècle, aurait voulu devenir roi de Patagonie. Le style baroque de ce film trop long écrase les ambiguïtés sur ce destin qui n’a peut-être été qu’une légende.
P.F.

Tout mais pas ça ! **
Le quinquagénaire Tommaso est un chirurgien riche, réputé et hautain envers son entourage. Son fils Andra désirant entrer dans les ordres, il se rapproche du prêtre Pietro pour qu’il l’en dissuade. Sous la farce, une subtile invitation à la tolérance.
G.To.