Rechercher du contenu

Les sorties du 15 novembre 2017

Le film de la semaine

 

Diane a les épaules de Fabien Gorgeart ***

Une jeune femme intrépide accepte d’être la mère porteuse de ses meilleurs amis. C’est alors qu’elle tombe amoureuse de son électricien… Un premier film subtil sur la parentalité, l’amour et l’amitié, porté par une lumineuse Clotilde Hesme.

Auteur de courts métrages sur la parentalité (Le Sens de l’orientation, Un chien de ma chienne), Fabien Gorgeart continue d’interroger les complexités de la procréation. Avec Diane a les épaules, le réalisateur s’intéresse plus particulièrement à la grossesse pour autrui : la GPA. Désintéressée, Diane décide de porter l’enfant de ses meilleurs amis homosexuels. Son acte généreux se retrouve progressivement remis en question par l’arrivée du charmant Fabrizio. Ce dernier redoute le contre-coup de l’accouchement et met en garde la future (non-)mère. Attachée à sa liberté, cette dernière refuse d’entendre les doutes de son compagnon. Jusqu’ici idéale, la situation que traverse Diane laisse bientôt place aux doutes et aux dilemmes. Non sans humour et légèreté, ce premier long métrage peut d’abord se targuer d’un double mérite : explorer un sujet encore rare à l’écran et ce, avec finesse et sans clichés. S’il est bien question de parentalité, Gorgeart a l’intelligence de distinguer le désir d’enfant de la grossesse. Si la seconde occupe grandement les plans et déforme peu à peu le corps de son actrice, le premier n’est finalement qu’une ombre. Ainsi, la part belle est faite à cette héroïne atypique et désinvolte. Plus grande et plus forte que ses partenaires masculins, Diane aborde la grossesse comme un acte sans conséquences. Les contraintes physiques ne sont qu’anecdotiques pour elle. Inattendue, la dernière partie du film atteint des sommets plus mélancoliques, plus égoïstes. Moins apologiques. Dans ce bouleversement identitaire, où les rôles parentaux se troublent, Clotilde Hesme brille par un jeu tout en nuances. Si bien que ses épaules n’ont rien à envier à celles de son personnage.
S.H.

 

 

LES AUTRES SORTIES DE LA SEMAINE

Bangkok Nites ***
Luck est prostituée dans le quartier japonais de Bangkok. Un jour, elle tombe sur Osawa, ancien client et amant, à qui elle n’a pas donné de nouvelles depuis cinq ans. Un beau film lent et sensible, aux nuits étincelantes et aux personnages attachants.
G.R.

Chavela Vargas ***
La vie tourmentée d’Isabel Chavela Vargas, star costaricaine de la ranchera, chanson d’amour mexicaine évoquant l’abandon. Un documentaire qui trouve sa force dans cette personnalité hors norme, complexe jusque dans l’affirmation de son homosexualité.
sign

L’École de la vie ****
Au Chili, une école accueille les mêmes élèves depuis quarante ans – des adultes maintenant -, atteints de trisomie 21. Ce magnifique documentaire parvient à s’immerger dans leur vie, captant la complexité et la sensibilité de ces personnes extraordinaires.
D.C.

L’Étoile de Noël
Chronique à venir

Faire la parole
Chronique à venir

Good Vibrations ***
Dans le cadre d’une classe de musique au sein de l’Institut National des Jeunes Sourds, des adolescents sourds, guidés par une professeure sympathique, créent un film et en composent la bande-son. Un film frais et réjouissant sur des jeunes à l’énergie communicative.
G.R.

Happy Birthdead **
Une étudiante revit en boucle la funeste journée de son anniversaire. Seule solution : identifier et stopper son assassin. Une comédie horrifique dont le ludisme fait oublier le manque d’originalité, et qui bénéficie de l’abattage d’une excellente actrice.
Mi.G.

Justice League
Chronique à venir

Khibula ***
En Géorgie, un président élu démocratiquement puis renversé par un putsch tente de reprendre le pouvoir avec quelques partisans. Mais sa traversée des montagnes sera tragique. Tirée d’une histoire vraie, une brillante interrogation sur le destin des hommes.
G.To.

M **
Elle est une lycéenne bègue. Il est un illetré solitaire. Envers et contre tous, leurs différences font naître peu à peu un amour fou. Pour son premier film, Sara Forestier fait oublier les quelques maladresses d’écriture par une émotion brute et sincère.
S.H.

Maryline **
Après Les Garçons et Guillaume, à table !, Guillaume Gallienne signe un deuxième long métrage. Il donne à voir une actrice qui n’a pas les mots pour se défendre dans le milieu du cinéma, son parcours et ses désillusions. Et révèle Adeline D’Hermy, éblouissante.
I.D.

Le Musée des merveilles ***
À cinquante ans de distance (1927 et 1977), deux enfants sourds découvrent New York. Todd Haynes prête son talent pour la reconstitution fétichiste à l’adaptation d’un roman pour enfants. Le résultat est un étrange objet, déconcertant mais non dénué de charme.
J.C.

Paradis *
Une aristocrate russe arrêtée pour résistance, un collabo français et un officier nazi témoignent de leurs parcours. Pour quel paradis recherché ? Un rappel au courage et à la lâcheté ordinaires, au message essentiel mais manquant de finesse.
G.To.

Par instinct *
À Tanger, une avocate se retrouve avec le bébé d’une jeune adolescente nigériane et tente de sauver la mère et l’enfant des griffes de trafiquants. Un sujet fort, mais complexe, pour un premier film aux intentions louables mais malheureusement raté.
I.D.

Le Semeur **
1852. Restées seules après l’arrestation de leurs époux, des villageoises font un serment : si un homme vient à passer, elles s’en partageront les faveurs. D’une sécheresse séduisante, le film se borne hélas, par endroits, à l’illustration de son scénario.
T.F.

Simon et Théodore **
Interné un an pour automutilation, Simon sort de l’hôpital. Enceinte, son épouse Rivka, rabinne, préfère l’éloigner. Il rencontre Théodore, 13 ans, violent par manque de père. Comme l’adolescent fugue, il décide de le protéger. Un film attachant.
G.To.