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Les sorties du 18 octobre

Le film de la semaine

 

La Belle et la meute de Kaouther Ben Hania ***

Violée par des policiers, une jeune Tunisienne se bat pour faire arrêter ses agresseurs. Après l’excellent Challat de Tunis (2014), Kaouther Ben Hania troque l’ironie mordante pour le drame dans ce nouveau pamphlet féministe sur la Tunisie post-révolution.

Adapté du livre Coupable d’avoir été violée de Meriem Ben Mohamed, @La Belle et la meute revient sur le parcours du combattant vécu par une jeune Tunisienne, violée par des policiers, qui a défié les institutions de son pays pour réclamer justice. Une lutte de longue haleine, menée sur plusieurs années, condensée ici en une nuit de cauchemar pour son héroïne, Mariam. Pour son premier long métrage, Le Challat de Tunis, Kaouther Ben Hania avait choisi d’enquêter sur la rumeur d’un homme à scooter balafrant les femmes dans les rues de Tunis en jouant sur l’ambiguïté entre documentaire et fiction. Pour La Belle et la meute, la réalisatrice tunisienne a pris cette fois le parti de la fiction, en s’attachant à conserver une esthétique réaliste grâce aux neuf segments tournés en plans-séquences qui composent le film. Débuté comme un thriller, La Belle et la meute emprunte dans sa dernière partie les codes du cinéma d’horreur, à mesure que Mariam, poursuivie par ses agresseurs, est précipitée dans une traque haletante. La tension créée par ce mélange des genres vient souligner l’injustice vécue par l’héroïne, aux prises avec une administration qui l’ignore ou la condamne. Dans ce contexte de transition politique post-révolution, Mariam devient militante lorsqu’elle est sommée de se taire pour ne pas fragiliser l’institution policière garante de la reconstruction du pays. Incarnation d’une jeunesse qui croit en un nouvel État de droit, Youssef s’empare quant à lui de ce drame pour dénoncer la corruption des autorités. Au-delà de sa revendication féministe, La Belle et la meute illustre à travers ces deux portraits la naissance d’une véritable conscience citoyenne.
A.Jo.

 

 

LES AUTRES SORTIES DE LA SEMAINE

L’Assemblée **
Le film documente avec sobriété les multiples débats ayant eu cours Place de la République lors du mouvement Nuit Debout. Mariana Otero signe un reportage plutôt intéressant mais qui reste trop collé à son sujet et oublié de prendre de la hauteur.
G.R.

Bricks **
Premier film du sociologue Quentin Ravelli, Bricks revient sur la crise économique de 2008 qui a ébranlé le secteur de la construction de brique en Espagne, autrefois poumon industriel du pays, en entremêlant portraits individuels et analyse économique.
A.Jo.

Knock **
Un nouveau médecin arrive dans le village de Saint-Maurice et, sous son apparence débonnaire, escroque ses patients. Quatrième adaptation de la pièce de Jules Romains, Knock est une comédie dramatique inoffensive ni drôle, ni vraiment touchante.
V.V.

Laissez bronzer les cadavres **
Après un braquage, des bandits trouvent refuge chez une artiste énigmatique. Mais l’arrivée successive d’intrus les précipité bientît dans une tuerie sanglante… Une adaptation hallucinatoire, parfois éreintante, du polar de Manchette et Bastid.
S.H.

Le Monde secret des Émojis °
Cette année, le mot “émoji” afait son apparition dans le dictionnaire. Ce qui ne justifie certainement pas ce long métrage d’animation sans génie ni humour, dont le seul argument semble être de chercher à faire vendre des téléphones cellulaires.
M.Q.

My Little Pony *
Alors que la princesse de l’amitié prépare une grande fête, le royaume se voit menacé par le roi Storm. Les poneys vont faire un long voyage pour trouver de l’aide. Un film en guise de produit marketing, qui n’a guère d’intérêt et laisse indifférent.
D.C.

Les Nouvelles aventures de Cendrillon
Chronique à venir

The Square **
Suite à un vol, le conservateur d’un musée d’art contemporain sort de ses gonds. Après Snow Therapy, Ruben Östlund revient avec cette satire vacharde des milieux artistiques. Trop systématique dans sa méchanceté, le film ne convainc pas.
M.D.

Tous les rêves du monde **
Une jeune Portugaise, née en France, se heurte à son avenir scolaire incertain et l’amour encombrant de sa famille. Neuf ans après Soit je meurs, soit je vais mieux, Laurence Ferreira Barbosa continue d’explorer, avec sincérité, les méandres adolescents et identitaires.
S.H.

Le Vent dans les roseaux **
Arnaud Demuynck et Les Films du Nord proposent un nouveau programme présenté par la “Chouette du cinéma”. Cinq contes mettant en scène surtout des filles et centrés sur la liberté. Sans grande surprise, du cinéma d’animation plaisant et de bon aloi.
M.B.

Zombillénium ***
Sensation du festival d’Annecy 2017, cette adaptation de la bande dessinée d’Arthur de Pins confirme sa réputation d’enfer. Les aventures du démon Hector et de sa bande plairont aux grands et aux petits, sous le charme de cette splendide animation.
I.B.