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Programmé pour durer La sortie en 3D de Terminator 2

Entre deux volets d’Avatar (qu’il prend son temps à tourner), James Cameron avait déjà eu à cœur de superviser la superbe conversion 3D de Titanic. C’est désormais un autre de ses films cultes, Terminator 2 : Le Jugement dernier, qui a droit à ce traitement de faveur, en salles le 14 septembre. Un choix logique si l’on fait confiance aux chiffres : plus gros budget de production de l’époque, plus gros succès de l’année 1991 à la fois aux États-Unis (lorsque le pays était encore le plus important marché de la planète) et dans le monde…

Et, surtout, un film qui prolongeait et affinait les innovations techniques (le morphing, notamment) expérimentées dans Abyss (1989).
Loin d’être une simple démonstration technique, T2 – pour les intimes – a essentiellement redéfini la notion de film d’action à l’aube des années 1990. Tout en confirmant qu’Arnold Schwarzenegger était désormais un gentil gars (et l’antithèse du tueur glacial du premier volet, malgré les quelques contraintes de programmation de son personnage), Cameron surmonte l’obstacle du remake en guise de suite lambda – syndrome qui affligeait, l’année précédente, 58 minutes pour vivre – pour transcender les limites du film original. Déjà, si T2 voit tout plus grand que Terminator, c’est parce que Cameron dispose de moyens décuplés. Et si cette vision ne sombre jamais dans la surenchère sans queue ni tête, c’est parce que le réalisateur a toute latitude pour employer ces moyens comme bon lui semble : en l’occurrence, en les mettant au service de son récit. La “naissance” du T-1000, “bad guy” d’anthologie, expression littérale d’un mal protéiforme et omniprésent, ne doit son existence qu’aux millions récoltés par Mario Kassar, producteur du film. Les métamorphoses de la machine tueuse, la traque dans l’hôpital psychiatrique, l’angoissante scène finale : autant d’éléments que Cameron peut envisager sur le papier puis mettre en scène à l’écran grâce aux coûteuses évolutions techniques qu’il impose.

Mais alors, cette conversion 3D, se justifie-t-elle ? Totalement, parce que le soin évident apporté à la procédure de mise en relief se conjugue avec le plaisir de (re)découvrir l’œuvre sur grand écran. À l’inverse d’une bonne partie des blockbusters contemporains, trop souvent otages d’effets numériques désincarnés, T2 affiche sa chair et son métal, et oppose les meurtrissures du corps du déjà obsolète T-800 à la perfection sans cesse renouvelée du T-1000. À deux retouches numériques près (dont une justifiée par le gain de définition, qui révélait le visage de la doublure de Schwarzy), imposées par un Cameron perfectionniste, le film assume avec vaillance ses effets pratiques quelquefois vieillissants (le bras grossièrement dissimulé de Schwarzy à la fin du film). La 3D vient souligner, comme avec Titanic, le travail de Cameron sur la profondeur de champ : si le relief a du sens, c’est parce que les plans sont composés en strates. À l’instar de la conversion de Jurassic Park, un film de plus de vingt-cinq ans donne donc plus de sens à la 3D que bien des blockbusters modernes…

Il est temps de conclure avec la question qui fâche : cher James, la conversion 3D (et la sortie vidéo ensuite) d’Abyss, c’est pour quand ?