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Les sorties du 27 septembre 2017

LE FILM DE LA SEMAINE

 

Un beau soleil intérieur de Claire Denis ***
Divorcée, Isabelle cherche l’amour. Les hommes dont elle s’entiche la déçoivent… Avec l’appui de Christine Angot, coscénariste, Claire Denis signe sa première comédie : une chronique douce-amère et aérienne, à l’image de son interprète.

Quel bel et curieux objet qu’Un beau soleil intérieur, titre que porte fort bien cette première irruption de Claire Denis dans le registre de la comédie et pour laquelle elle a sollicité la collaboration, à l’écriture, d’une nouvelle venue dans le clan que forme la cinéaste depuis des années, à savoir Christine Angot. C’est-à-dire, d’une personnalité de la littérature, d’un style, de préoccupations, d’une présence dans notre environnement esthétique et intellectuel dont l’innocuité n’est pas exactement le propre, le contraire d’un prête-nom inconsistant si l’on veut. Il en résulte, comme rarement, un sentiment d’assemblage de deux langages, le plan ici, la phrase là. Comme si la juxtaposition de deux profils allait donner un visage, la réunion d’un côté cour et d’un côté jardin, une pièce. Et étonnamment, le charme opère, une œuvre prend forme. Dans ce théâtre émotionnel où l’âge avance sans qu’on y prête assez garde, une femme mûre tient à vivre une histoire d’amour, la dernière qui sait… Un personnage qu’on devine armé des principaux acquis de la lutte des femmes, des éclairages de la psychanalyse, d’une certaine conscience de ce que parler veut dire, de cette farce entre deux interlocuteurs à laquelle peut très vite s’apparenter le langage. Ce qui en fait un film drôle – pour une comédie, ce n’est pas un luxe – qui incontestablement enregistre quelque chose du langage que nous parlons aujourd’hui, on pourrait dire dans l’heure tant le film nous est contemporain, des modalités de la conversation telle que nous la pratiquons au jour le jour, qui témoigne de la façon dont nous nous parlons, ne nous parlons pas serait peut-être plus juste encore. Ce qui ne va pas sans l’inquiète intuition, qu’un jour, Un beau soleil intérieur pourrait se révéler totalement incompréhensible.
R.H.

 

 

LES AUTRES FILMS DE LA SEMAINE

Le Château de verre ***
En retrasncrivant l’enfance hors-norme de l’écrivaine Jeannette Walls, le film, soutenu par un excellent casting, dépasse la simple adaptation biographique en livrant un propos poignant sur les limites inhérentes à chaque éducation.
V.V.

Demain et tous les autres jours ***
Une fillette vit au rythme des crises de folie de sa mère. Retenant un peu les chevaux de son style emporté, Noémie Lvovsky signe un film personnel, pudique, juste et délicat, dont l’aspect austère se fissure lentement pour laisser place à l’émotion.
N.M.

Des trésors plein ma poche ***
Six courts métrages et autant de pépites, qui allient scénarios bien ficelés et styles d’animation variés. Et les petits spectateurs pourront s’inspirer des héros astucieux et tenaces pour vivre leurs rêves.
I.B.

Espèces menacées *
Joséphine et Tomasz se marient. Lorsque Tomasz change de comportement, le bonheur vire au cauchemar pour Joséphine… Malgré son ambition et sa mise en scène originale, le film reste en surface et ne rend pas justice à ses personnages.
A.Jo.

L’Intelligence des arbres **
Selon une trame classique, le documentaire présente un hymne au monde végétal, ponctué de témoignages d’experts ayant accompli des avancées conséquentes dans l’étude des forêts et des plantes. Avec un rappel : la nature est plus grande que nous.
A.L.

Le Jeune Karl Marx ***
Années 1840 : alors que l’Europe industrielle et capitaliste pressure les ouvriers, Karl Marx commence à côtoyer les milieux révolutionnaires avec sa femme. Il rencontre Friedrich Engels. Plus qu’un biopic : une leçon d’histoire humaine et politique.
G.To.

Le Maître est l’enfant *
Attention promo ! Si le documentaire transmet avec clarté une immersion pédagogique, son apologie de la métholde Montessori semble mésestimer toute autre forme d’éducation, passant sous silence d’éventuels témoignages sur ses résultats réels.
C.Lê.

Money *
Autour d’un canevas de thriller – trafics, maître-chanteurs et prise d’otage sont au programme -, le film dépense beaucoup d’énergie à essayer de justifier sa cohérence, au prix de la crédibilité de ses personnages. Un film sans grande envergure.
J-A.M.

Le Petit Spirou **
Alors qu’il doit intégrer l’école des grooms pour suivre le modèle familial, le Petit Spirou décide de faire le tour du monde. Comédie bon enfant mais très marketée, le film restitue l’essence de la bande dessinée en se permettant quelques libertés.
A.Jo.

Stupid Things **
Grâce à un casting de talentueux acteurs non professionnels, le réalisateur américain Amman Abbasi signe un premier long métrage réussi autour du mal-être adolescent dans une communauté afro-américaine en proie à la criminalité.
A.D.

Une suite qui dérange **
Une décennie après Une vérité qui dérange, Al Gore continue sa lutte pour sauvegarder la planète. Ce nouveau documentaire fait le bilan de dix années de tentatives, de stagnations, d’avancées, mais néglige un peu trop la forme.
Mi.G.