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Les sorties du 20 septembre 2017

LE FILM DE LA SEMAINE

 

A Ciambra de Jonas Carpignano ****
Pio, 14 ans, veut prendre part aux “affaires” des adultes de sa famille, qui vit de cambriolages et de vols de voitures… Portrait à la fois brut et d’une belle ambition romanesque, doublé d’une dimension de fable morale, A Ciambra est une franche réussite.

Belle et rectiligne trajectoire cannoise pour Jonas Carpignano. Court métrage récompensé à la Semaine de la critique, premier long (Mediterranea) sélectionné au même endroit, et deuxième à la Quinzaine des réalisateurs. Ce statut de nouveau sauveur du cinéma italien ne doit pas faire oublier l’ambition authentique de la démarche ici à l’œuvre. Car A Ciambra est la version longue du court primé… Le héros de ce film réapparaissait dans Mediterranea et le principal protagoniste de ce récit surgit à son tour dans A Ciambra – le long métrage. Véritable comédie humaine néo-réaliste, A Ciambra dessine un portrait à la fois romanesque et sec des exclus et parias de l’Italie moderne. Au cœur de son récit, un jeune gitan qui, entre embrouilles et survie, va se retrouver face à ce qu’il espérait ne jamais devoir affronter : un choix familial et éthique à la fois. Cette dimension de fable morale, qui structure les errances de l’histoire et du héros, pourrait facilement être pesante. Elle ne l’est pas, grâce à la belle affaire de ce cinéma, le regard du metteur en scène. Un mélange faussement simple, parfois à la limite du baroque, entre une grande tradition italienne et une modernité presque paradoxale. La caméra à l’épaule et l’énergie du montage reprennent des figures obligées d’une veine réaliste contemporaine, subitement percutées par des plans ou des séquences d’un esthétisme pure, fragile, qui bouleverse et enrichit la coloration faussement brute de la réalisation. De ces croisements surgit, peut-être, un vieux fantasme : une nouvelle façon de penser le cinéma et l’héritage italiens.
S.G.

 

 

LES AUTRES FILMS DE LA SEMAINE

American Assassin **
Traumatisé par une attaque terroriste, un jeune homme se transforme en un dangereux agent d’élite de la CIA. À défaut de réellement surprendre, le long métrage, adapté de la saga littéraire de Vince Flynn, offre un spectacle honnête et efficace.
S.H.

Ça ***
Dans une petite ville, de jeunes adolescents, pourchassés par un clown maléfique, doivent trouver le courage de stopper ses méfaits. Le réalisateur de Mama revisite, avec une efficacité indéniable, l’une des œuvres-phare de Stephen King.
Mi.G.

Des rêves sans étoiles ***
Huis clos dans un centre pour jeunes mineures délinquantes à Téhéran, @Des rêves sans étoiles évite les écueils du documentaire à sensation, ou à visée politique, et nous donne à voir les joies et les peines d’adolescentes à la dérive. Un film bouleversant.
F.B-P.

Dieu n’est pas mort °
Étudiant en philosophie, Josh tient tête à un professeur qui entend lui faire abjurer sa foi. D’une nullité insigne et d’un prosélytisme accablant, Dieu n’est pas mort s’oublierait sitôt vu s’il n’était, outre un authentique nanar, un film à la morale douteuse.
T.F.

Faute d’amour ***
Alors que ses parents s’apprêtent à divorcer, un enfant disparaît. Son absence va le faire enfin exister aux yeux de ses géniteurs. Un film chaotique et déroutant, au trait alternativement grossier et délicat.
N.M.

Gauguin **
Après la comédie dramatique Voyage à Mendoza, Édouard Deluc reste fidèle au thème du dépaysement avec cette évocation du premier séjour de Gauguin à Tahiti. Un portrait qui peut parfois manquer un peu de chair, mais qui reste juste, sensible et élégant.
N.M.

Les Hommes d’argile **
Pendant la drôle de guerre, puis la guerre, un potier marocain enrôlé se retrouve sur la ligne de front, en Belgique. Pensé pour rendre hommage aux régiments coloniaux, ce film mute peu à peu en un long poème humaniste et panthéiste sous influence malickienne.
R.H.

Kiss & Cry **
Patineuse artistique de haut niveau, Sarah, 15 ans, retrouve l’équipe de Colmar. Mais le programme auquel elle est soumise ne lui laisse pas le temps de vivre sa vie. Portrait d’une jeune fille en proie aux tourments de l’adolescence. Tendre et juste.
R.H.

Laetitia **
Ancienne championne du monde de boxe thaïlandaise, Laetitia Lambert peine à retrouver les succès de sa jeune et fulgurante carrière. Un portrait tout en douceur d’un univers beaucoup moins tendre, où les coups durs se font bien souvent hors du ring.
S.H.

Mon garçon **
Après la disparition de son fils, un homme enquête pour le retrouver. Christian Carion imagine un polar conceptuel en faisant tourner son acteur sans connaissance du scénario. Un climat de mystère parvient à s’installer, mais sans déboucher finalement sur grand-chose.
Ch.R.

La Mort se mérite
Chronique à venir

M. Chat et les Shammies ***
Coussinou, Mouffi, Soquette et Tricot, de patchwork conçus, apprennent la vie au gré de leurs jeux et de leurs fantaisies, sous le regard attentif de Monsieur Chat. Venue de Lettonie, une quintette de courts métrages joyeux pour ravir les tout-petits.
G.To.

L’Un dans l’autre °
Deux amants qui s’apprêtent à rompre se retrouvent coincés dans le corps de l’autre. Louise Bourgoin et Stéphane de Groodt, secondés par Pierre-François Martin-Laval et Aure Atika, s’en donnent à cœur joie dans cette comédie potache sans grand intérêt.
A.L.