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Les sorties du 9 août 2017

LE FILM DE LA SEMAINE

 

Une vie violente de Thierry de Peretti **
Corse, fin des années 1990 : François et ses amis intègrent la lutte armée indépendantiste. Le deuxième long métrage de Thierry de Peretti, chronique historique à la fois ample et intimiste, croque le portrait d’une génération sacrifiée.

Si, par son évocation d’une période spécifique de la lutte indépendantiste corse, ternie par les luttes intestines et les règlements de compte et peu à peu gangrénée par le crime organisé, le film de Thierry de Peretti interroge les implications morales de tout engagement politique (quelle légitimité pour quelle forme de violence ; où finit l’impôt révolutionnaire et où commence le racket… ?), il compose avant tout le portrait émouvant, pondéré et précis, d’un groupe de jeunes adultes qui, trop tôt, se seront vus trop beaux et trop grands, embrassant – par tradition ou désœuvrement – l’héritage d’une cause aux implications qui, de toute évidence, échappait à nombre d’entre eux (la parole de Frantz Fanon, là aussi, avait porté, l’indépendantisme corse s’étant revendiqué de l’anti- colonialisme: “Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission…”, entend-on ainsi dans le film), et composant une génération sacrifiée, celle de la législature Jospin, marquée notamment par l’assassinat du préfet Érignac. La seule chose que l’on puisse reprocher à Une vie violente, c’est de ne pas renouer tout à fait avec la politique des corps qui faisait la sensibilité des Apaches, le premier long métrage de T. de Peretti : pour s’affilier à une dramaturgie plus solide (comme Les Apaches, Une vie violente s’inspire d’événements réels mais l’auteur, de toute évidence tenu par un corpus de repères historiques, en a sans doute un peu moins rêvé la mise en fiction), il perd en somme un peu de sa veine pasolinienne, ici reversée dans le titre (Une vie violente étant le nom d’un roman de Pasolini). C’est un maigre grief toutefois en regard de la maîtrise du geste de de Perretti.
T.F.

 

 

LES AUTRES FILMS DE LA SEMAINE

 

Annabelle 2 *
Six orphelines intègrent un nouveau foyer, hanté semble-t-il par un esprit… Prequel d’Annabelle (et spin-off de Conjuring, du plus inspiré James Wan), le film de David F. Sandberg propose le service minimum de l’épouvante contemporaine.
T.F.

Djam **
Tony Gatlif nous invite à un road movie entre la Turquie et la Grèce. Il a beaucoup de choses à dire (sur l’Europe et les migrants), moins à raconter. Mais son héroïne charismatique et ses scènes musicales nous entraînent dans leur joyeuse énergie du désespoir.
I.B.

Lola Pater
Chronique à venir

Office *
Quand un groupe hongkongais est touché par une crise financière majeure, tous les coups sont permis pour en tirer profit. Malgré une prise de risque louable et une mise en scène notable, le nouveau Johnnie To s’enlise dans la romance et ennuie.
A.L.

Passade **
Un réalisateur de films d’animation et une prostituée se retrouvent dans un hôtel. Ils font l’amour puis commencent à se confier. Dès lors, il n’a plus envie de la quitter. Une délicate romance autour du désir, des espoirs, de la vie… et de la réalité.
G.To.

Que Dios nos perdone ***
Deux policiers enquêtent sur un tueur et violeur en série, dans une Madrid étouffant sous la chaleur, en proie au mouvement des Indignés et recevant le Pape Benoît XVI. Une intrigue oppressante ouvrant sur une mise en abyme éclairante de l’Espagne.
G.To.

Rattrapage
Chronique à venir

Sleepless *
Polar d’usine signé par un second couteau, Sleepless prend essentiellement appui sur la présence de Jamie Foxx et de Michelle Monaghan pour donner une seconde chance à l’intrigue alambiquée de Nuit blanche, de triste mémoire, dont il est le remake.
R.H.

La Tour sombre
Chronique à venir

La Vie de château **
Vaudeville plein de charme et rafraîchissant dont la station de métro Château d’eau et ses alentours sont le théâtre, ce premier fim se révèle d’une grande justesse dans sa description d’une population finalement méconnue.
R.H.

Yo-kai Watch *
Plongé dans le passé, Nathan doit affronter des Yo-kai maléfiques qui lui ont volé sa Yo-kai Watch, aidé de son grand-père et de ses amis. Adapté fidèlement de la série animée originelle, Yo-kai Watch est avant tout destiné aux fans de la licence.
A.Jo.