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Les sorties du 30 août 2017

LE FILM DE LA SEMAINE

 

Gabriel et la montagne de Fellipe Barbosa ***
On retrouve, au Malawi, le cadavre de Gabriel qui, depuis plusieurs mois, sillonait l’Afrique… Fellipe Barboba (Casa grande) signe, en s’inspirant de faits réels, un film d’une finesse éblouissante, dressant notamment le portrait complexe et bienveillant d’un voyageur.

Le deuxième long métrage de Fellipe Barbosa (après le réussi mais mineur Casa grande) est un film d’une éblouissante finesse, empreint d’un véritable amour pour un récit de voyage pourtant voué à l’échec (la première scène, plan-séquence proleptique, vend la mèche), et qui a l’atout de poser un regard bienveillant, dénué de tout cynisme, sur son héros. Au gré des pérégrinations de Gabriel, seul ou avec sa petite amie, le spectre des passions humaines va s’ouvrir, révélant, parfois dans la même scène, les sentiments contradictoires inhérents à n’importe quel voyage au long cours dans un environnement étranger. Les paysages et les interactions s’enchaînent ainsi sans faillir, dessinant davantage une carte de rencontres et d’émotions qu’une topographie géographique. Gabriel est tour à tour généreux et irascible, borné et bienveillant, et le film prend le pli, resserrant les scènes quand il retrouve sa petite amie et s’asséchant lors d’une dernière partie mortifère. Quand bien même les personnages gravitent autour de lui, ils ne sont pas de simples adjuvants : tout le monde a le droit à la parole, à la contradiction, à la joie. À mi-temps du film, Gabriel et sa petite amie veulent monter sur des éléphants ; on leur refuse car ceux-ci sont fatigués, ce qui entraîne un petit caprice collectif des héros face aux lois d’un continent qu’ils considèrent malgré tout comme un terrain de jeu à leur merci. Le film est pourtant semblable à ces animaux, à la fois calme, élégant et imprévisible. Et emprunte, dans un générique de fin jouant de la frontière poreuse entre construction et reconstitution, un autre attribut du pachyderme, qui transcende le pur matériau filmique et le rend encore plus prégnant au réel : la mémoire.
C.D.

 

 

LES AUTRES FILMS DE LA SEMAINE

 

Bonne pomme °
Depardieu, un garagiste voulant changer de vie, rencontre Deneuve, une aubergiste qui va le mener par le bout du nez. Ni crédible ni cohérente, cette comédie sur la fuite est malheureusement ratée car elle oublie de faire rire et ne trouve jamais le ton juste.
M.B.

Histoires de la plaine ***
Christine Seghezzi filme un hameau argentin que semblent avoir condamné la culture intensive du soja, la chimie des désherbants et l’exode rural. À quoi se superposent des récits d’un autre temps dont le présent n’est peut-être que l’écho tragique.
R.H.

Lou et l’île aux sirènes ***
Joyeux et optimiste, Lou et l’île aux sirènes se déguste comme un bonbon acidulé. Le trait pop de Masaaki Yuasa traduit une grande foi dans l’innocence de l’adolescence comme référence pour l’âge adulte. Pourquoi se compromettre, en effet !
Ch.R.

Patti Cake$ **
Du haut de ses 23 ans, Patricia Dombriwski rêve de devenir la nouvelle étoile du hip-hop et, par la même occasion, fuir son triste quotidien. Pour son premier long métrage, Geremy Jasper piétine les clichés et signe une épopée initiatique vivifiante.
S.H.

Petit paysan **
Thriller rural porté par des idées visuelles fortes et une interprétation irréprochable, le film pèche par excès de scénario, et par frilosité fantastique. Un film prometteur, qui cultive les contraires et n’oublie pas de s’ancrer dans le réel.
C.D.

Le Prix du succès **
Les liens entre deux frères se dégradent suite au succès rencontré par l’un d’eux, humoriste en pleine ascension. Après Jimmy Rivière, Teddy Lussi-Modeste signe une œuvre honnête et sincère, dans l’ensemble bien écrite mais pas inoubliable.
A.L.

7 jours pas plus *
Pierre, vieux garçon psychorigide et colérique, secourt presque malgré lui un jeune Indien à la rue et à la recherche de son oncle. Une comédie dramatique honnête mais prévisible. Heureusement, Poelvoorde est là, magistral une fois encore.
G.R.

Seven Sisters **
Noomi Rapace interprète les sept rôles principaux de ce thriller futuriste, à l’action efficace. Le divertissement est plaisant, mais manque d’audace en ne s’intéressant pas vraiment aux possibilités cinématographiques de cette septuple interprétation.
J.C.

Villeperdue **
Ce moyen métrage de Julien Gaspar-Oliveri, premier à sortir en salles, jongle entre drame familial et chronique sociale à travers un exercice de style largacien trop prévisible pour émouvoir. Bien que lacunaire, @Villeperdue reste néanmoins plutôt prometteur.
C.Lê.

Wind River **
Porté par Elizabeth Olsen et Jeremy Renner, parfait duo d’écorchés, Wind River est un somptueux drame policier réalisé par le scénariste de Sicario et Comancheria. Une traque sans merci, servie par une mise en scène brillante.
A.L.